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La faute inexcusable ne peut être exercée que contre l’employeur ….CCC2 du 9 février 2017, 15-24.037

Cour de cassation, civile, Chambre civile 2, 9 février 2017, 15-24.037

LA COUR DE CASSATION, DEUXIÈME CHAMBRE CIVILE, a rendu l’arrêt suivant :

Donne acte à la société Y…du désistement de son pourvoi en ce qu’il est dirigé à l’encontre du ministre chargé de la sécurité sociale ;
Sur le moyen unique, pris en sa première branche, du pourvoi principal et sur le moyen unique, pris en sa première branche, du pourvoi incident :

Vu les articles L. 412-6 et L. 452-1 du code de la sécurité sociale ;

Attendu qu’il résulte du second de ces textes, auquel le premier ne déroge pas, que l’action en reconnaissance de la faute inexcusable de l’employeur ne peut être engagée qu’à l’encontre de l’employeur de la victime ;

Attendu, selon l’arrêt attaqué, que salarié de la société K…, mis à disposition de la société Y…, M. K… a été victime, le 11 juillet 2006, d’un accident pris en charge, le 23 avril 2007, au titre de la législation professionnelle, par la caisse primaire d’assurance maladie du Val-d’Oise ; que M. K… a saisi une juridiction de sécurité sociale d’une demande en reconnaissance de la faute inexcusable de la société Y…;

Attendu que pour déclarer M. K… recevable à agir contre la société Y…, l’arrêt relève qu’il existe une confusion avérée entre la société Y…, entreprise utilisatrice, et la société K…, employeur, celui-ci n’ayant d’activité qu’au travers de la société Y…qui s’est substituée à la société K… dans la direction de M. K… sur le chantier au cours duquel l’accident est survenu ;

Qu’en statuant ainsi, par des motifs insuffisants à caractériser la qualité d’employeur de la société Y…à l’égard de M. K…, la cour d’appel a violé les textes susvisés ;

PAR CES MOTIFS, et sans qu’il y ait lieu de statuer sur les autres griefs du pourvoi principal et du pourvoi incident :

CASSE ET ANNULE, sauf en ce qu’il a déclaré recevable l’appel formé par la société Y…, l’arrêt rendu le 11 juin 2015, entre les parties, par la cour d’appel de Paris ; remet, en conséquence, sauf sur ce point, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel de Paris, autrement composée ;

Condamne M. K… aux dépens ;

Vu l’article 700 du code de procédure civile, rejette les demandes ;

Dit que sur les diligences du procureur général près la Cour de cassation, le présent arrêt sera transmis pour être transcrit en marge ou à la suite de l’arrêt partiellement cassé ;

Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, deuxième chambre civile, et prononcé par le président en son audience publique du neuf février deux mille dix-sept.

MOYENS ANNEXES au présent arrêt

Moyen produit par la SCP Boré et Salve de Bruneton, avocat aux Conseils, pour la société Y…, demanderesse au pourvoi principal

Il est fait grief à l’arrêt attaqué d’AVOIR confirmé le jugement en ce qu’il avait rejeté les moyens tirés de la prescription et de l’irrecevabilité de l’action opposés par la société Y…, d’AVOIR dit que la société Y…, entreprise utilisatrice, avait commis une faute inexcusable à l’égard de M. K… au sens de l’article L 452-1 du Code de la sécurité sociale, en ce qui concerne l’accident du travail du 11 juillet 2006, et d’AVOIR dit que la société Y…devrait garantir la société K… à hauteur de la totalité des sommes susceptibles d’être réclamées à celle-ci en conséquence de la faute inexcusable qui lui est imputable ;

AUX MOTIFS PROPRES QUE les dispositions de l’article L. 431-2 du Code de la sécurité sociale dont il résulte que la prescription de deux ans opposable aux demandes d’indemnisation complémentaire visées aux articles L. 452-1 et suivant est interrompue par l’exercice de l’action pénale engagée pour les mêmes faits ou de l’action en reconnaissance du caractère professionnel de l’accident ; qu’en l’espèce, à la suite de l’accident du travail survenu le 11 juillet 2006 au préjudice de Monsieur Orhan K…, le tribunal correctionnel de Melun a condamné Monsieur Orlando Y…en sa qualité de gérant de la SARL Y…pour les faits de prêt de main-d’oeuvre à but lucratif hors du cadre légal du travail temporaire et pour l’infraction de blessures involontaires avec incapacité de plus de trois mois par violation manifestement délibérée d’obligations de sécurité ou de prudence dans le cadre du travail ; que l’action pénale a été dirigée à l’encontre de Monsieur Orlando Y…en sa qualité de gérant de la SARL Y…, de sorte que c’est à bon droit que les premiers juges ont jugé que cette action, par l’application des dispositions de l’article L. 431-2 précitées, a valablement interrompu la prescription biennale prévue par ce texte qui a recommencé à courir à compter de la notification du jugement, s’agissant d’une décision contradictoire à l’égard de Monsieur Orhan K…, prononcée le 16 avril 2008 ; que par ailleurs, l’enquête menée par l’inspection du travail qui a donné lieu à la rédaction du procès-verbal no 65/ 2006 du 7 décembre 2006 a permis d’établir que :- l’attestation URSSAF de l’entreprise K… a été faite sur du papier à l’en-tête de la SARL Y…;- l’attestation d’assurance de la SARL K… a été établie également sur le papier à entête de la SARL Y…;- le contrat de soustraitance établi le 10 juillet 2006 n’est pas signé de Monsieur Omer K…, gérant de la SARL K… lequel a déclaré aux inspecteurs du travail ne pas savoir lire le français ;- le plan particulier de sécurité et de protection de la santé a été rédigé par la SARL Y…, titulaire du lot, pour son compte et celui de son sous-traitant la SARL K… ;- l’entreprise K…, employeur apparent de la victime, ne fournissait sur le chantier que la main-d’oeuvre et le petit matériel ; qu’il est utile de rappeler que les travaux commandés à la SARL K… par la SARL Y…consistaient en un changement des plaques ondulées translucides en toiture du bâtiment abritant le bowling d’Ozoir, pour lequel aucune protection destinée à prévenir le risque de chute n’a été mise en oeuvre ; qu’alors que M. Omer K… était sur le toit en compagnie de son fils Orhan K…, occupé à changer des plaques translucides, celui-ci a chuté à travers le trou correspondant aux anciennes plaques enlevées, de la hauteur du toit sur le plancher du bowling ; qu’il résulte de l’ensemble de ces constatations une confusion avérée entre la SARL Y…, entreprise utilisatrice, et la SARL K…, employeur, cette dernière n’ayant d’activité qu’au travers de la SARL Y…qui s’est substituée à la SARL K… dans la direction de Monsieur Orhan K… sur le chantier au cours duquel l’accident du 11 juillet 2006 est survenu ; qu’il s’en suit que c’est à bon droit que les premiers juges ont déclaré recevable la demande en reconnaissance de la faute inexcusable dirigée par Monsieur Orhan K… à l’encontre de la SARL Y…dont ils ont été saisis par courrier adressé le 8 décembre 2009 ; que le jugement sera confirmé sur ce point ;

ET AUX MOTIFS ADOPTÉS QUE, sur le moyen tiré de la prescription de l’action, en application de l’article L. 431-2 du Code de la sécurité sociale, en cas d’accident susceptible d’entraîner la reconnaissance de la faute inexcusable de l’employeur ou de ceux qu’il s’est substitués dans la direction, la prescription biennale opposable aux demandes d’indemnisation complémentaire est interrompue par l’exercice de l’action pénale engagée pour les mêmes faits ; qu’en l’espèce, s’agissant d’un accident de travail survenu le 11. 07. 2006, il est relevé que le Tribunal correctionnel de Melun a statué par jugement du 16. 04. 2008 déclarant coupable la société Y…de blessures involontaires causées à M. Orhan K…, ce qui a eu pour effet de faire courir un nouveau délai de 2 ans à compter de cette date ; qu’en conséquence, le recours introduit devant le TASS de Melun le 08. 12. 2009 ne saurait être regardé comme prescrit ; que, sur le moyen tiré de l’irrecevabilité de l’action contre l’entreprise utilisatrice, la mise en cause de la société K… ayant été effectuée au cours de la procédure devant le TASS, convoquée par lettre recommandée avec accusé de réception à l’audience du 08. 11. 2011 à la diligence du secrétariat du Tribunal, le courrier ayant été retourné avec la mention « destinataire non identifiable » ; qu’ainsi, la société K… ayant été attraite dans la cause et la juridiction étant en mesure de statuer par jugement réputé contradictoire à l’égard des défendeurs en application de l’article 474 du Code de procédure civile, le moyen tiré de l’irrecevabilité de l’action sera rejeté ;

1°) ALORS QUE dans tous les cas de prêt de main-d’oeuvre, qu’ils soient licites ou illicites, l’employeur demeure tenu des obligations résultant de la faute inexcusable, de sorte que l’action en reconnaissance de la faute inexcusable ne peut être exercée que contre lui ; qu’en jugeant recevable l’action en reconnaissance de la faute inexcusable introduite par M. K…, salarié de la société K…, contre la société Y…, entreprise utilisatrice, motifs pris d’une prétendue « confusion » « entre la SARL Y…, entreprise utilisatrice, et la SARL K…, employeur, cette dernière n’ayant d’activité qu’au travers de la SARL Y…qui s’est substituée à la SARL K… dans la direction de Monsieur Orhan K… sur le chantier au cours duquel l’accident du 11 juillet 2006 est survenu » (arrêt, p. 5, § 7), quand il résultait de ses propres constatations que seule la société K… avait la qualité d’employeur, pour avoir embauché M. K… par contrat à durée indéterminée le 3 juillet 2006, la Cour d’appel a violé les articles L. 412-6, L. 451-1, L. 452-2, L. 452-3 et L. 452-4 du Code de la sécurité sociale ;

2°) ALORS QUE la convocation par lettre recommandée de l’employeur effectuée par le greffe du Tribunal des affaires de sécurité sociale n’est pas de nature à rendre rétroactivement recevable l’action en reconnaissance de la faute inexcusable qui n’a pas été dirigée contre lui par le salarié ; qu’en jugeant que « la mise en cause de la société K… ayant été effectuée au cours de la procédure devant le TASS, convoquée par lettre recommandée avec accusé de réception à l’audience du 08. 11. 2011 à la diligence du secrétariat du Tribunal, le courrier ayant été retourné avec la mention  » destinataire non identifiable  » » et qu’« ainsi, la société K… ayant été attraite dans la cause, la juridiction étant en mesure de statuer par jugement réputé contradictoire à l’égard des défendeurs en application de l’article 474 du Code de procédure civile » (jugement confirmé, p. 4, pénult. §), la Cour d’appel a violé les articles L. 412-6, L. 451-1, L. 452-2, L. 452-3 et L. 452-4 du Code de la sécurité sociale ;

3°) ALORS QU’en toute hypothèse, si la prescription biennale de l’action en reconnaissance de la faute inexcusable de l’employeur est interrompue, en application de l’article L. 431-2 du Code de la sécurité sociale, par l’exercice de l’action pénale engagée pour les mêmes faits, cet effet interruptif ne subsiste que jusqu’à la date à laquelle la décision ayant statué sur cette action est devenue irrévocable ; qu’en jugeant que l’action en reconnaissance de faute inexcusable introduite par M. K… n’était pas prescrite, quand il ressortait de ses propres constatations, d’une part, que la prescription biennale avait été interrompue jusqu’au 16 avril 2008, date du jugement correctionnel (jugement confirmé, p. 4, § 5) et, d’autre part, que la société K…, employeur de M. K…, n’avait été mise en cause par le Tribunal des affaires de sécurité sociale que par un courrier recommandé la convoquant à l’audience du 8 novembre 2011 (jugement confirmé, p. 4, pénult. §), ce dont il résultait que plus de deux ans s’étaient écoulés et que l’action était prescrite, la Cour d’appel a violé l’article L. 431-2 du Code de la sécurité sociale ;

4°) ALORS QU’en toute hypothèse, l’objet du litige est déterminé par les prétentions respectives des parties, les juges ne pouvant se prononcer que sur ce qui est demandé ; qu’en « di [sant] que la SARL Y…devra [it] garantir la SARL K… à hauteur de la totalité des sommes susceptibles d’être réclamées à celle-ci en conséquence de la faute inexcusable qui lui [était] imputable » (arrêt, p. 7), quand la société K…, défaillante, n’avait pas déposé de conclusions ni a fortiori formulé la moindre demande en ce sens, la Cour d’appel a violé les articles 4 et 5 du Code de procédure civile.
Moyen produit par la SCP Gatineau et Fattaccini, avocat aux Conseils, pour la caisse primaire d’assurance maladie du Val-d’Oise, demanderesse au pourvoi incident

Il est fait grief à l’arrêt attaqué d’AVOIR confirmé le jugement entrepris en ce qu’il a dit que l’action en reconnaissance de faute inexcusable dirigée contre la société Y…était recevable et non prescrite, d’AVOIR dit que la société Y…, entreprise utilisatrice, avait commis une faute inexcusable à l’égard de M. K… au sens de l’article L 452-1 du code de la sécurité sociale, et d’AVOIR confirmé le jugement entrepris en ce qu’il a ordonné la majoration de la rente, condamné la CPAM du Val d’Oise à une indemnité provisionnelle de 5 000 euros, et condamné la société Y…a garantir totalement la société K… des condamnations prononcées contre elle ;

AUX MOTIFS PROPRES QUE « les dispositions de l’article L. 431-2 du code de la sécurité sociale dont il résulte que la prescription de deux ans opposable aux demandes d’indemnisation complémentaire visées aux articles L. 452-1 et suivant est interrompue par l’exercice de l’action pénale engagée pour les mêmes faits ou de l’action en reconnaissance du caractère professionnel de l’accident ; qu’en l’espèce, à la suite de l’accident du travail survenu le 11 juillet 2006 au préjudice de Monsieur Orhan K…, le tribunal correctionnel de Melun a condamné Monsieur Orlando Y…en sa qualité de gérant de la SARL Y…pour les faits de prêt de maind’oeuvre à but lucratif hors du cadre légal du travail temporaire et pour l’infraction de blessures involontaires avec incapacité de plus de trois mois par violation manifestement délibérée d’obligations de sécurité ou de prudence dans le cadre du travail ; que l’action pénale a été dirigée à l’encontre de Monsieur Orlando Y…en sa qualité de gérant de la SARL Y…, de sorte que c’est à bon droit que les premiers juges ont jugé que cette action, par l’application des dispositions de l’article L. 431-2 précitées, a valablement interrompu la prescription biennale prévue par ce texte qui a recommencé à courir à compter de la notification du jugement, s’agissant d’une décision contradictoire à l’égard de Monsieur Orhan K…, prononcée le 16 avril 2008 ; que par ailleurs, l’enquête menée par l’inspection du travail qui a donné lieu à la rédaction du procès-verbal n° 65/ 2006 du 7 décembre 2006 a permis d’établir que :- l’attestation URSSAF de l’entreprise K… a été faite sur du papier à l’en-tête de la SARL Y…;-
l’attestation d’assurance de la SARL K… a été établie également sur le papier à entête de la SARL Y…;- le contrat de sous-traitance établi le 10 juillet 2006 n’est pas signé de Monsieur Omer K…, gérant de la SARL K… lequel a déclaré aux inspecteurs du travail ne pas savoir lire le français ;- le plan particulier de sécurité et de protection de la santé a été rédigé par la SARL Y…, titulaire du lot, pour son compte et celui de son sous-traitant la SARL K… ;- l’entreprise K…, employeur apparent de la victime, ne fournissait sur le chantier que la maind’oeuvre et le petit matériel ; qu’il est utile de rappeler que les travaux commandés à la SARL K… par la SARL Y…consistaient en un changement des plaques ondulées translucides en toiture du bâtiment abritant le bowling d’Ozoir, pour lequel aucune protection destinée à prévenir le risque de chute n’a été mise en oeuvre ; qu’alors que M. Omer K… était sur le toit en compagnie de son fils Orhan K…, occupé à changer des plaques translucides, celui-ci a chuté à travers le trou correspondant aux anciennes plaques enlevées, de la hauteur du toit sur le plancher du bowling ; qu’il résulte de l’ensemble de ces constatations une confusion avérée entre la SARL Y…, entreprise utilisatrice, et la SARL K…, employeur, cette dernière n’ayant d’activité qu’au travers de la SARL Y…qui s’est substituée à la SARL K… dans la direction de Monsieur Orhan K… sur le chantier au cours duquel l’accident du 11 juillet 2006 est survenu ; qu’il s’en suit que c’est à bon droit que les premiers juges ont déclaré recevable la demande en reconnaissance de la faute inexcusable dirigée par Monsieur Orhan K… à l’encontre de la SARL Y…dont ils ont été saisis par courrier adressé le 8 décembre 2009 ; que le jugement sera confirmé sur ce point ; Sur le bien fondé de l’action en reconnaissance de la faute inexcusable : Considérant les dispositions de l’article L 452-1 du code de la sécurité sociale dont il résulte que lorsque l’accident est dû à la faute inexcusable de l’employeur ou de ceux qu’il s’est substitués dans la direction, la victime ou ses ayants droits ont droit à une indemnisation complémentaire dans les conditions définies aux articles suivants ; Qu’il s’évince de ce texte que l’employeur est tenu d’une obligation de sécurité de résultat à l’égard du salarié et que le manquement à cette obligation a le caractère d’une faute inexcusable lorsque l’employeur avait ou aurait dû avoir conscience du danger auquel était exposé le salarié et qu’il n’a pas pris les mesures nécessaires pour l’en préserver ; Considérant qu’en l’espèce la SARL K., employeur de Monsieur Orhane K., n’a pris aucune mesure de protection pour prémunir Monsieur Orhane K. contre le risque de chute alors que celui-ci, agissant en vertu des consignes données par la SARL F., entreprise utilisatrice, a chuté d’une hauteur de 6 mètres alors qu’il effectuait des travaux en toitures sans échafaudage, sans filet ni ligne de vie ; Qu’il en résulte que la SARL K. présente sur le chantier en la personne de son gérant, Monsieur Omer K., avait conscience du danger encouru par son salarié auquel elle a donné la consigne sur ordre de la SARL F., de monter sur le toit et n’a pris aucune mesure pour le préserver du risque de chute ; Qu’il s’en suit que l’action en reconnaissance de la faute inexcusable imputable à la SARL K. est bien fondée et que le jugement sera confirmé de ce chef ; Sur la majoration de la rente : Considérant qu’en conséquence de l’article L 452-2 du code de la sécurité sociale la majoration de la rente doit être ordonnée à son taux maximal ; Sur le recours en garantie : Considérant les dispositions de l’article L 412-6 du code de la sécurité sociale dont il résulte que l’employeur demeure tenu des obligations résultant de l’entreprise utilisatrice, substituée dans la direction du salarié, sauf le recours de l’employeur à l’encontre de l’auteur de la faute inexcusable ; Considérant qu’en l’espèce la SARL K. dispose, en conséquence de ces dispositions, d’un recours à l’encontre de la SARL F. laquelle s’est substituée dans la direction du salarié, à hauteur de la totalité des indemnités complémentaires prévues par la loi et qui seront mises à sa charge, y compris les conséquences financières sur la majoration de la rente et le taux de cotisation d’accident du travail ; Que le jugement sera donc infirmé sur ce point ; Sur les indemnités complémentaires : Considérant que l’expert, le Docteur D., a déposé son rapport, que les parties n’ont pas présenté leurs observations sur les indemnités complémentaires sur lesquelles l’expert se prononce et qu’il y a lieu, sur évocation, eu égard à la longueur du litige, d’ordonner la ré ouverture des débats à cette fin ; Sur la provision : Considérant que le montant de la provision accordée à Monsieur Orhan K. n’est pas remise en cause et qu’il y a lieu de confirmer le jugement de ce chef ; Sur les frais irrépétibles : Considérant qu’en équité il y a lieu de condamner la SARL F. à régler à Monsieur Orhane K. une indemnité de 3 500 euros au titre des frais irrépétibles ; »

ET AUX MOTIFS ADOPTÉS QUE, « sur le moyen tiré de la prescription de l’action, en application de l’article L. 431-2 du code de la sécurité sociale, en cas d’accident susceptible d’entraîner la reconnaissance de la faute inexcusable de l’employeur ou de ceux qu’il s’est substitués dans la direction, la prescription biennale opposable aux demandes d’indemnisation complémentaire est interrompue par l’exercice de l’action pénale engagée pour les mêmes faits ; qu’en l’espèce, s’agissant d’un accident de travail survenu le 11. 07. 2006, il est relevé que le Tribunal correctionnel de Melun a statué par jugement du 16. 04. 2008 déclarant coupable la société Y…de blessures involontaires causées à M. Orhan K…, ce qui a eu pour effet de faire courir un nouveau délai de 2 ans à compter de cette date ; qu’en conséquence, le recours introduit devant le TASS de Melun le 08. 12. 2009 ne saurait être regardé comme prescrit ; que, sur le moyen tiré de l’irrecevabilité de l’action contre l’entreprise utilisatrice, la mise en cause de la société K… ayant été effectuée au cours de la procédure devant le TASS, convoquée par lettre recommandée avec accusé de réception à l’audience du 08. 11. 2011 à la diligence du secrétariat du Tribunal, le courrier ayant été retourné avec la mention « destinataire non identifiable » ; qu’ainsi, la société K… ayant été attraite dans la cause et la juridiction étant en mesure de statuer par jugement réputé contradictoire à l’égard des défendeurs en application de l’article 474 du code de procédure civile, le moyen tiré de l’irrecevabilité de l’action sera rejeté ; Sur la faute inexcusable. Attendu qu’en vertu du contrat de travail le liant à son salarié, l’employeur est tenu envers celui-ci d’une obligation de sécurité de résultat, notamment en ce qui concerne les accidents du travail, et que le manquement à cette obligation a le caractère d’une faute inexcusable, au sens de l’article L. 452 – 1 du code de la sécurité sociale, lorsque l’employeur avait ou aurait dû avoir conscience du danger auquel était exposé le salarié et qui n’a pas pris les mesures nécessaires pour l’en préserver ; qu’il est indifférent que la faute inexcusable commise par l’employeur ait été la cause déterminante de l’accident survenu au salarié mais qu’il suffit qu’elle en soit une cause nécessaire pour que la responsabilité de l’employeur soit engagée, alors même que d’autres fautes auraient concouru au dommage qu’en l’espèce, la société Y…, entreprise utilisatrice, a fait l’objet d’une déclaration de culpabilité par jugement du 16 avril 2008 du tribunal correctionnel de Melun des chefs de blessures involontaires avec ITT supérieur à trois mois au préjudice de Monsieur K… le 16 avril 2008, en l’espèce en ne prenant aucune disposition pour que soit mise en oeuvre des protections collectives contre les chutes de hauteur, notamment par la mise en place de filets en sous face afin de prévenir la chute à travers les trémies ou les plaques de matériaux fragiles prévus par l’article 156 du décret n° 65-48 du 8 janvier 1965 ; qu’ainsi cette condamnation pénale définitive, établissant la matérialité des faits à l’origine de l’accident du travail et le lien de causalité, permet de caractériser une faute inexcusable au sens de l’article L. 452 – 1 du code de la sécurité sociale, imputable à la société Y…, dans la réalisation de l’accident du travail de Monsieur K… ; attendu qu’en application de l’article L. 412 – 6 du code de la sécurité sociale, en cas d’accident survenu à un travailleur mis à disposition est imputable à une faute inexcusable de l’entreprise utilisatrice, l’entreprise prêteuse reste, en sa qualité d’employeur, tenu des obligations prévues par les articles L. 452-1 à L. 452-4 du code de la sécurité sociale, et dispose d’une action récursoire contre l’entreprise utilisatrice ; que compte tenu de la condamnation par le jugement susmentionné de la société Y…pour prêt de manoeuvre à des fins lucratives hors du cadre légal du travail temporaire sous un contrat de sous-traitance, ces dispositions trouvent à s’appliquer en l’espèce à la société K…, entreprise prêteuse, laquelle dispose d’un recours en garantie contre la société Y…. Sur la majoration de la rente. Attendu qu’en application de l’article L. 452 du code de la sécurité sociale, la faute inexcusable de la victime n’étant pas alléguée, il y aura lieu de majorer à son taux maximal la rente de Monsieur K… ; que cette majoration produira intérêts calculés au taux légal à effet du présent jugement, l’absence de conciliation, qui n’est pas imputable à la CPAM, n’ayant pas fait naître l’obligation de celle-ci. sur la demande d’expertise à des fins indemnitaires.

Attendu qu’en application de l’article L. 452-3 du code de la sécurité sociale, indépendamment de la majoration de rente, la victime a le droit de demander à l’employeur devant la juridiction de sécurité sociale la réparation du préjudice causé par les souffrances physiques et morales par elle endurée, de ses préjudices esthétiques et d’agrément ainsi que celle du préjudice résultant de la perte ou de la diminution de ses possibilités de promotion professionnelle ; la réparation de ces préjudices est versée directement au bénéficiaire par la caisse qui récupère le montant auprès de l’employeur ; attendu qu’en application d’une règle de jurisprudence désormais constante tirée de l’article précité du code de la sécurité sociale telle qu’interprétée par le conseil constitutionnel dans sa décision n° 2010-8 QPC du 18 juin 2010, en cas de faute inexcusable de l’employeur et indépendamment de la majoration de rente servie à la victime d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle, celle-ci peut demander à l’employeur, devant la juridiction de sécurité sociale, la réparation non seulement des chefs de préjudice énuméré par l’article sus-rappelé, mais aussi de l’ensemble des dommages couverts par le livre IV du code de la sécurité sociale ; qu’en l’espèce, compte tenu des éléments médicaux produits et de la demande de Monsieur K…, dont l’ITT pénale est supérieur à trois mois et dont le taux d’incapacité a été fixé à 50 % par jugement du tribunal du contentieux de l’incapacité de Paris du 10 janvier 2011, il y aura lieu de faire droit à la demande d’expertise formée sans demande subsidiaire, et de renvoyer à une audience ultérieure l’examen de la liquidation des préjudices de Monsieur K… ; qu’à titre provisionnel, il y aura lieu de dire que la CPAM versera une indemnité de 5000 € à M. K…. »

1. ALORS QUE l’action en reconnaissance de la faute inexcusable ne peut être exercée que contre l’employeur, qui demeure tenu des obligations résultant de la faute inexcusable, même en cas de prêt de main-d’oeuvre, licite ou illicite ; que la cour d’appel a expressément relevé que la société K… était l’employeur de M. K… (arrêt attaqué, p. 6, § 2), embauché par contrat à durée indéterminée du 3 juillet 2006 ; qu’en jugeant néanmoins recevable l’action en reconnaissance de la faute inexcusable introduite par M. K…, salarié de la société K…, contre la société Y…, en sa qualité d’entreprise utilisatrice, s’étant substituée à l’employeur, la cour d’appel a violé les articles L. 412-6, L. 451-1, L. 452-2, L. 452-3 et L. 452-4 du code de la sécurité sociale.

2. ALORS QUE l’action en reconnaissance de la faute inexcusable ne peut être exercée que contre l’employeur ; qu’en jugeant recevable l’action en reconnaissance de faute inexcusable contre la société Y…, qui n’avait pas la qualité d’employeur sans vérifier, comme l’y invitait l’exposante (conclusions d’appel de l’exposante, p. 4), que l’accident du travail survenu le 11 juillet 2006 avait été imputé sur le compte de la société K…, seul employeur, la cour d’appel a privé sa décision de toute base légale au regard des articles L. 412-6, L. 451-1, L. 452-2, L. 452-3 et L. 452-4 du code de la sécurité sociale.

3. ALORS QUE l’action en reconnaissance de la faute inexcusable ne peut être exercée que contre l’employeur ; qu’en jugeant recevable l’action en reconnaissance de faute inexcusable contre la société Y…, qui n’avait pas la qualité d’employeur, pour la seule raison que la société K… avait été attraite dans la cause par la convocation du greffe du tribunal des affaires de sécurité sociale, le tribunal étant en mesure de statuer par jugement réputé contradictoire par application de l’article 474 du code de procédure civile (jugement entrepris, p. 4, avant dernier §), la cour d’appel a statué par des motifs erronés, en violation des articles L. 412-6, L. 451-1, L. 452-2, L. 452-3 et L. 452-4 du code de la sécurité social, ensemble l’article 474 du code de procédure civile.

4. ALORS, en toute hypothèse, QUE la prescription biennale de l’action en reconnaissance de la faute inexcusable de l’employeur est interrompue par l’action pénale exercée pour les mêmes faits jusqu’à la date de la décision pénale, devenue irrévocable ; qu’en l’espèce, la cour d’appel a jugé non prescrite l’action de M. K…, en relevant que la prescription avait été interrompue jusqu’au jugement correctionnel du 16 avril 2008 (jugement entrepris, p. 4, § 5), et que la société K…, employeur de M. K…, avait été mise en cause par le Tribunal des affaires de sécurité sociale par un courrier recommandé la convoquant à l’audience du 8 novembre 2011 (jugement entrepris, p. 4, avant-dernier §) ; qu’en se déterminant par de tels motifs, dont il résultait que l’action en reconnaissance de faute inexcusable avait été engagée plus de deux ans après le jugement pénal irrévocable, de sorte qu’elle était prescrite, la cour d’appel a violé l’article L. 431-2 du code de la sécurité sociale.

5. ALORS QUE la cassation à intervenir sur la base des précédentes critiques entraînera la cassation, par voie de conséquence nécessaire, du chef de dispositif de l’arrêt attaqué qui a confirmé le jugement entrepris en ce qu’il avait condamné l’exposante au paiement de 5 000 € titre d’indemnité provisionnelle, ce par application de l’article 624 du code de procédure civile.

6. ALORS QUE la cassation intervenir sur la base des précédentes critiques entraînera la cassation, par voie de conséquence nécessaire, du chef de dispositif de l’arrêt attaqué qui a confirmé le jugement entrepris en ce qu’il avait ordonné la majoration de la rente, ce par application de l’article 624 du code de procédure civile.

 » avait manqué à ses obligations contractuelles et mis en danger tant la santé physique que mentale des salariés « .

Cass. soc., 8 mars 2017, n° 15-24.406
 
REPUBLIQUE FRANCAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS
LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE SOCIALE, a rendu l’arrêt suivant :



Attendu, selon l’arrêt attaqué (Toulouse, 26 juin 2015), qu’engagée le 16 juillet 1986 en qualité d’employée de bureau, Mme X… exerçait en dernier lieu les fonctions de responsable des ressources humaines d’un magasin ; qu’elle a été licenciée pour cause réelle et sérieuse le 14 novembre 2011 ; que, contestant le bien-fondé de son licenciement, la salariée a saisi la juridiction prud’homale ;



Sur le premier moyen :



Attendu que la salariée fait grief à l’arrêt de dire son licenciement fondé sur une cause réelle et sérieuse alors, selon le moyen :



1°/ que le salarié ne peut être sanctionné disciplinairement lorsque le manquement qui lui est reproché résulte d’un comportement fautif de l’employeur ; qu’en se bornant à affirmer, pour juger que le licenciement disciplinaire de Mme X… reposait sur une cause réelle et sérieuse, que « Mme Valérie X… qui travaillait en très étroite collaboration avec le directeur du magasin, avait connaissance du comportement inacceptable de celui-ci à l’encontre de ses subordonnés, mais qu’en outre elle pouvait s’y associer [et] qu’elle n’a rien fait pour mettre fin à ces pratiques alors qu’en sa qualité de responsable des ressources humaines, elle avait une mission particulière en matière de management », sans cependant rechercher, ainsi qu’elle y était expressément invitée, si l’inaction reprochée à Mme X… face aux actes de harcèlement moral de son supérieur hiérarchique à l’égard des employés du magasin de Castres, ne résultait pas d’un manquement fautif de la société Auchan qui n’avait mis en oeuvre aucun moyen organisationnel permettant à la salariée de dénoncer les agissements de son directeur, la cour d’appel a privé sa décision de base légale au regard des articles L. 1221-1 et L. 1232-1 du code du travail ;



2°/ qu’en affirmant que « son argument selon lequel elle était tenue d’obéir à son supérieur hiérarchique caractérise l’aveu d’une parfaite connaissance des faits et de son inaction. En outre, cet argument ne saurait la disculper car il lui était très aisé d’informer la direction des ressources humaines de la société », sans toutefois préciser les pièces sur lesquelles elle se fondait pour justifier sa décision, la cour d’appel a violé les dispositions de l’article 455 du code de procédure civile ;



Mais attendu qu’ayant constaté que la salariée, qui travaillait en très étroite collaboration avec le directeur du magasin, avait connaissance du comportement inacceptable de celui-ci à l’encontre de ses subordonnés et pouvait en outre s’y associer, qu’elle n’a rien fait pour mettre fin à ces pratiques alors qu’en sa qualité de responsable des ressources humaines, elle avait une mission particulière en matière de management, qu’il relevait de ses fonctions de veiller au climat social et à des conditions de travail « optimales » pour les collaborateurs, que la définition contractuelle de ses fonctions précisait qu’elle devait « mettre en oeuvre, dans le cadre de la politique RH France, les politiques humaines et sociales » et que le responsable des ressources humaines est « un expert en matière d’évaluation et de management des hommes et des équipes » et retenu qu’en cautionnant les méthodes managériales inacceptables du directeur du magasin avec lequel elle travaillait en très étroite collaboration, et en les laissant perdurer, la salariée avait manqué à ses obligations contractuelles et avait mis en danger tant la santé physique que mentale des salariés, la cour d’appel, qui n’était pas tenue d’entrer dans le détail de l’argumentation des parties, a légalement justifié sa décision ;



Sur le second moyen :



Attendu que la salariée fait grief à l’arrêt de la débouter de ses demandes de dommages-intérêts, alors, selon le moyen :



1°/ que même lorsqu’il est prononcé en raison d’une faute grave ou sérieuse, le licenciement peut causer au salarié, en raison des circonstances vexatoires qui l’ont accompagné, un préjudice distinct de celui résultant de la perte de son emploi et dont il est fondé à demander réparation ; qu’en affirmant, pour rejeter la demande de Mme X… afférente au préjudice distinct qu’elle avait subi, que « ces faits constituent une cause réelle et sérieuse à son licenciement [et que] le jugement sera réformé et Mme X… déboutée de l’intégralité de ses demandes d’indemnisation », sans cependant rechercher, ainsi qu’elle y était invitée, si le licenciement de Mme X… n’avait pas été entouré de circonstances vexatoires justifiant le versement de dommages-intérêts pour préjudice moral distinct, la cour d’appel, qui a statué par des motifs inopérants, a privé sa décision de base légale au regard de l’article 1147 du code civil ;



2°/ que tout jugement doit être motivé à peine de nullité ; qu’en se bornant à affirmer, pour rejeter la demande de la salariée, que « ces faits constituent une cause réelle et sérieuse à son licenciement [et que] le jugement sera réformé et Mme X… déboutée de l’intégralité de ses demandes d’indemnisation », la cour d’appel, qui n’a assorti sa décision d’aucune motivation, n’a pas satisfait aux exigences de l’article 455 du code de procédure civile ;



3°/ que la salariée avait fait valoir, dans ses conclusions d’appel, d’une part, que « l’appelante ne fournit aucune explication ni aucun élément justifiant de la mise en disponibilité de Mme X… ni de la nécessité de cette mesure eu égard à la protection de la santé ou de la sécurité des salariés » (page 29), d’autre part « qu’aucune réponse n’a été faite à [sa] lettre (…) en date du 27 octobre 2011 sur les méthodes employées par Auchan pour lui faire avouer sur des faits qu’elle ne connaissait pas » et que « la protection de la santé ou de la sécurité des salariés ne saurait en aucune manière justifier la « garde à vue » de la concluante avec interdiction de pouvoir communiquer, mis en oeuvre à compter du lundi 17 octobre, ni les interrogatoires qu’elle a subis dans ce cadre » (pages 29 et 30) ; qu’en s’abstenant de répondre à ces deux chefs péremptoires des conclusions qui lui étaient soumises, dont il résultait que la société avait commis une faute dans les circonstances de la rupture du contrat de travail de Mme X… justifiant le versement de dommages-intérêts pour préjudice moral distinct, la cour d’appel a violé l’article 455 du code de procédure civile ;



Mais attendu que le moyen qui, sous le couvert des griefs de manque de base légale et de défaut de réponse à conclusions, critique une omission de statuer sur un chef de demande pouvant être réparée par la procédure prévue à l’article 463 du code de procédure civile, est irrecevable ;



PAR CES MOTIFS :



REJETTE le pourvoi ;



Condamne Mme X… aux dépens ;



Vu l’article 700 du code de procédure civile, rejette les demandes ;



Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, chambre sociale, et prononcé par le président en son audience publique du huit mars deux mille dix-sept.

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Tableau récapitulatif des affichages obligatoires 2017

Principaux documents de l’affichage obligatoire
Objet de l’affichage Contenu de l’affichage Articles du Code du travail
Quelle que soit la taille de l’entreprise    
Inspecteur du travail Adresse et numéro de téléphone de l’inspection du travail compétente et le nom de l’inspecteur compétent pour l’établissement. Article D4711-1 du Code du travail
Médecine du travail Adresse et numéro d’appel du médecin du travail ou du service de santé au travail compétent pour l’établissement. Article D4711-1 du Code du travail
Convention ou accord collectif de travail (s’il en existe) 
  • avis de l’intitulé de la convention collective et accords applicables dans l’établissement ;
  • mention du lieu et des modalités de consultation des textes.
Article R2262-3 du Code du travail
Modalités d’accès au document unique d’évaluation des risques professionnels (DUER)
  • avis indiquant les modalités d’accès des travailleurs au document unique.
Article R4121-4 du Code du travail
Horaires de travail 
  • heure de début et de fin de chaque période de travail ;
  • heures et la durée du repos ;
  • composition des équipes si l’entreprise travaille par équipe ;
  • équipes et les horaires de nuit si l’entreprise est soumise au travail de nuit ;
  • répartition de la durée du travail en cas de répartition des horaires de travail sur une période supérieure à la semaine et au plus égale à l’année.
Articles L3171-1 et D3171-3 du Code du travail
Repos hebdomadaire 
  • dans les entreprises et établissements dont tous les salariés ne bénéficient pas du repos hebdomadaire le dimanche, l’employeur communique, par tout moyen, aux salariés les jours et heures de repos ;
  • en cas de suspension du repos hebdomadaire, l’employeur communique par tout moyen, aux salariés, la copie de l’information transmise à l’agent de contrôle de l’inspection du travail.
Articles R3172-1 et R3172-9 du Code du travail
Interdiction de fumer
  • signalisation apparente rappelant le principe de l’interdiction de fumer ;
  • s’il existe des locaux destinés aux fumeurs : afficher à l’entrée de ces locaux un avertissement sanitaire et rappeler l’interdiction pour les mineurs d’y accéder.
Article R3512-2 du Code de la santé publique (4)
Départs en congés 
  • période de prise des congés payés ;
  • ordre des départs en congé.
Articles D3141-6 et D3141-5 du Code du travail
Harcèlement moral ou sexuel 
  • harcèlement moral : contenu de l’article 222-33-2 du Code pénal ;
  • harcèlement sexuel : contenu de l’article 222-33 du Code pénal.
Articles L1152-4 et L1153-5 du Code du travail
Discriminations  Textes du Code pénal définissant la discrimination et déterminant les sanctions encourues par l’auteur d’une discrimination : articles 225-1 à 225-4 du Code pénal Article L1142-6 du Code du travail 
Services de secours d’urgence Adresse et numéro d’appel des services de secours d’urgence (pompiers, SAMU, police…). Article D4711-1 du Code du travail
Égalité de rémunération 
  • textes de loi prohibant toutes discriminations relatives aux salaires
  • articles L3221-1 à L3221-7 du Code du travail et 225-1 à 225-4 du Code pénal
 Articles R3221-2 et L1142-6 du Code du travail
Consignes incendie  Consigne de sécurité incendie affichée de manière très apparente. Article R4227-37 du Code du travail 
en plus, pour les entreprises de moins de 20 salariés    
Élection des délégués du personnel 
  • information de l’organisation des élections des délégués du personnel et de la date envisagée pour le premier tour, par tout moyen ;
  • listes électorales par collège.
Article L2314-2 du Code du travail 
en plus, pour les entreprises de 20 à 50 salariés    
Règlement intérieur  Le règlement intérieur est porté, par tout moyen, à la connaissance des personnes ayant accès aux lieux de travail ou aux locaux où se fait l’embauche. Article R1321-1 du Code du travail
en plus, pour les entreprises de plus de 50 salariés    
Consignes incendies (même en l’absence de manipulation ou mise en oeuvre de matières inflammables) Consigne de sécurité incendie affichée de manière très apparente. Articles R4227-37, R4227-34 et R4227-24 du Code du travail
CHSCT Liste nominative des membres du CHSCT de leur emplacement de travail habituel. Article R4613-8 du Code du travail
Élection des membres du comité d’entreprise 
  • information de l’organisation des élections des délégués du personnel et de la date envisagée pour le premier tour ;
  • listes électorales par collège.
Article L2324-3 du Code du travail
Participation Contenu et existence de l’accord (seulement si les salariés n’en ont pas été informés par un autre moyen). Article D3323-12 du Code du travail

Interdiction de vapoter dans certains lieux à usage collectif.

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Décret n° 2017-633 du 25 avril 2017 relatif aux conditions d’application de l’interdiction de vapoter dans certains lieux à usage collectif

Publics concernés : employeurs ; salariés ; usagers des établissements scolaires et des établissements destinés à l’accueil, à la formation et à l’hébergement des mineurs ; usagers des moyens de transport collectifs ; personnes responsables de l’organisation de ces établissements et de ces moyens de transports.
Objet : conditions d’application de l’interdiction de vapoter dans certains lieux à usage collectif.
Entrée en vigueur : le décret entre en vigueur le 1er octobre 2017 .
Notice : l’utilisation des cigarettes électroniques (« vapotage ») est interdite dans les établissements scolaires et les établissements destinés à l’accueil, à la formation et à l’hébergement des mineurs, dans les moyens de transport collectif fermés ainsi que dans les lieux de travail fermés et couverts à usage collectif.
Le décret a pour objet de préciser les modalités d’application de l’interdiction concernant les lieux de travail. En outre, il rend obligatoire une signalisation apparente qui rappelle le principe de l’interdiction de vapoter et, le cas échéant, ses conditions d’application dans l’enceinte des lieux concernés. Enfin, il prévoit une contravention de 2e classe à l’encontre des personnes qui méconnaissent l’interdiction de vapoter ainsi qu’une contravention de 3e classe pour les responsables des lieux où s’applique l’interdiction qui ne mettent pas en place la signalisation.
Références : le décret est pris pour l’application de l’article 28 de la loi n° 2016-41 du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé. Les dispositions du code de la santé publique et du code de procédure pénale modifiées par ce décret peuvent être consultées, dans leur rédaction résultant de cette modification, sur le site Légifrance (http://www.legifrance.gouv.fr).

Le Premier ministre,
Sur le rapport de la ministre des affaires sociales et de la santé,
Vu le code pénal, notamment son article 131-13 ;
Vu le code de procédure pénale, notamment son article R. 48-1 ;
Vu le code de la santé publique, notamment son article L. 3513-6 ;
Vu le code du travail, notamment ses articles L. 1321-1 et L. 1321-3 ;
Vu l’avis du Conseil national d’évaluation des normes en date du 9 mars 2017 ;
Vu l’avis du Conseil d’orientation des conditions de travail en date du 21 mars 2017 ;
Le Conseil d’Etat (section sociale) entendu,
Décrète :

Article 1

Après l’article D. 3513-1 de la section 1 du chapitre III du titre Ier du livre V de la troisième partie du code de la santé publique sont insérés trois articles ainsi rédigés :

« Art. R. 3513-2.-Les lieux de travail soumis à l’interdiction de vapoter en application du 3° de l’article L. 3513-6 du présent code s’entendent des locaux recevant des postes de travail situés ou non dans les bâtiments de l’établissement, fermés et couverts, et affectés à un usage collectif, à l’exception des locaux qui accueillent du public.
« Art. R. 3513-3.-Dans les lieux mentionnés aux 1° et 2° et dans les bâtiments abritant les lieux mentionnés au 3° de l’article L. 3513-6, une signalisation apparente rappelle le principe de l’interdiction de vapoter et, le cas échéant, ses conditions d’application dans l’enceinte de ces lieux.
« Art. R. 3513-4.-Les dispositions des articles R. 3513-2 à R. 3513-3 s’appliquent sans préjudice des dispositions législatives et réglementaires relatives à l’hygiène et à la sécurité. »

Article 2

La section 2 du chapitre V du titre Ier du livre V de la troisième partie du code de la santé publique est complétée par deux articles ainsi rédigés :
« Art. R. 3515-7.-Le fait de vapoter dans les lieux mentionnés aux 1° à 3° de l’article L. 3513-6 en méconnaissance de l’interdiction prévue au même article est puni de l’amende prévue pour les contraventions de la 2e classe.
« Art. R. 3515-8.-Le fait, pour le responsable des lieux où s’applique l’interdiction prévue à l’article L. 3513-6, de ne pas mettre en place la signalisation prévue à l’article R. 3513-3 est puni de l’amende prévue pour les contraventions de la 3e classe. »

Article 3

Le premier alinéa du 6°de l’article R. 48-1 du code de procédure pénale est remplacé par les dispositions suivantes :
« 6° Contraventions réprimées par le code de la santé publique prévues aux articles R. 3515-2 à R. 3515-8 ; ».

Article 4

Le présent décret entre en vigueur le 1er octobre 2017.

Article 5

La ministre de l’environnement, de l’énergie et de la mer, chargée des relations internationales sur le climat, la ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, la ministre des affaires sociales et de la santé, le garde des sceaux, ministre de la justice, la ministre du travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social, le ministre de l’intérieur, la ministre de la fonction publique et le ministre de la ville, de la jeunesse et des sports sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la République française.

Fait le 25 avril 2017.

Bernard Cazeneuve

Par le Premier ministre :

La ministre des affaires sociales et de la santé,

Marisol Touraine

La ministre de l’environnement, de l’énergie et de la mer, chargée des relations internationales sur le climat,

Ségolène Royal

La ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche,

Najat Vallaud-Belkacem

Le garde des sceaux, ministre de la justice,

Jean-Jacques Urvoas

La ministre du travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social,

Myriam El Khomri

Le ministre de l’intérieur,

Matthias Fekl

La ministre de la fonction publique,

Annick Girardin

Le ministre de la ville, de la jeunesse et des sports,

Patrick Kanner