Décision clé : ce que change l’arrêt du 28 mai 2026 sur les attributions du CSE d’établissement
Par un arrêt rendu le 28 mai 2026 (n° 24-17.361), publié au Bulletin, la chambre sociale de la Cour de cassation vient préciser l’étendue des attributions des comités sociaux et économiques (CSE) d’établissement au sein des entreprises à structure complexe.
Cette décision apporte une clarification essentielle sur le partage de compétences entre le CSE central et les CSE d’établissement, en particulier sur les questions relatives à la politique sociale et à l’aménagement du travail.
1. Contexte juridique et origines du litige
A. L’affaire et la structure de l’entreprise
B. La prétention du CSE d’établissement
- L’entreprise dans son ensemble comptant plus de 50 salariés (181 salariés au total), les élus du personnel devaient, selon le CSEE, bénéficier du crédit d’heures attaché à la tranche supérieure précitée.
- L’employeur, quant à lui, estimait que l’établissement distinct comptant 44 salariés (soit moins de 50), les membres titulaires du CSEE ne pouvaient prétendre qu’au quota légal de 10 heures par mois.
2. La solution de la Cour de cassation
A. Les textes au cœur du débat
- L’article L. 2315-7 : dispose que l’employeur accorde aux membres titulaires de la délégation du personnel du CSE le temps nécessaire à l’exercice de leurs fonctions.
- L’article R. 2314-1 : fixe le tableau réglementaire d’attribution des heures de délégation. Ce texte précise expressément que, sauf stipulations prévues dans le protocole d’accord préélectoral ou l’accord d’entreprise, « les effectifs s’apprécient dans le cadre de l’entreprise ou dans le cadre de chaque établissement distinct ».
B. La règle retenue par la Haute Juridiction
3. Analyse juridique et portée de l’arrêt
A. L’autonomie du périmètre de l’établissement distinct
- Le CSE central (CSEC) exerce ses attributions au niveau de la personne morale globale.
- Le CSE d’établissement (CSEE) est une instance dont les moyens d’action (et les crédits d’heures) sont directement dimensionnés à l’échelle de sa communauté de travail locale.
B. Le rôle déterminant de la négociation collective
4. Conséquences pratiques pour les entreprises et les représentants du personnel
Pour les directions des ressources humaines
- Vérification des barèmes d’heures : Audit des contingents d’heures attribués dans chaque établissement distinct afin d’éviter le paiement non justifié d’heures surévaluées.
- Sécurisation des consultations : Veiller à ce que le règlement intérieur du CSEE ne s’arroge pas, sans accord préalable de l’employeur, des prérogatives ou des budgets excédant le cadre fixé par la loi.
Pour les élus du personnel et les syndicats
- Importance du PAP : Anticiper la négociation du protocole préélectoral afin de sécuriser des crédits d’heures adaptés si un établissement compte moins de 50 salariés.
- Gestion du crédit d’heures : Prévenir les contestations relatives au dépassement de contingent et limiter le risque de retenues sur salaire ou de litiges prud’homaux.

