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Décret 2026-498 : Nouveautés sur les Arrêts de Travail

Décret du 12 juin 2026 sur les arrêts de travail : ce qui change au 1er septembre et les enjeux majeurs pour le CSE

Publié le 12 juin 2026, le décret n° 2026-498 fixe de nouvelles règles strictes pour la prescription des arrêts maladie ordinaires. Applicables dès le 1er septembre 2026, ces dispositions plafonnent la durée des arrêts et renforcent les contrôles. Décryptage de ces nouveautés et analyse des leviers d’action pour les élus du CSE.

1. Ce que change le décret n° 2026-498 du 12 juin 2026

Pris pour l’application de la Loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) 2026, le décret crée l’article R. 162-1-7-1 du Code de la sécurité sociale. Son objectif principal est de mieux encadrer la durée des arrêts maladie ordinaires indemnisés par l’Assurance maladie.

Plafonnement des durées de prescription

À compter du 1er septembre 2026, les professionnels de santé habilités (médecins, dentistes, sages-femmes) devront respecter des plafonds de durée lors de la délivrance d’un arrêt ouvrant droit aux indemnités journalières (IJSS) :
  • Arrêt initial : 31 jours maximum (1 mois).
  • Chaque prolongation : 62 jours maximum (2 mois).

Exceptions et dérogations

Le prescripteur conserve la possibilité de dépasser ces durées maximales :
  • En justifiant par écrit la nécessité médicale d’une durée supérieure (pathologies lourdes, protocoles spécifiques, recommandations de la Haute Autorité de Santé).
  • Pour des prolongations dépassant 3 mois, l’avis du service du contrôle médical de l’Assurance maladie pourra être sollicité.

Obligation de motif médical

Autre évolution d’importance : les médecins doivent désormais obligatoirement mentionner le motif médical de l’arrêt sur le volet destiné au service médical de la CPAM afin de renforcer le ciblage des contrôles.

2. Quels sont les enjeux pour les élus du CSE et la CSSCT ?

Cette réforme administrative a des répercussions directes sur les salariés et la gestion de la santé au travail dans l’entreprise. Le Comité Social et Économique a un rôle clé à jouer sur plusieurs fronts.

⚠️ Risque accru de présentéisme et de précarisation des salariés

Le plafonnement des arrêts à 30 jours contraint les salariés souffrant d’affections de longue durée ou de troubles psycho-sociaux (RPS/burn-out) à multiplier les démarches de renouvellement.
  • Le danger : La crainte du refus de prolongation ou la rupture temporaire du versement des IJSS peut pousser des salariés non rétablis à reprendre le travail de manière prématurée (« présentéisme thérapeutique »).
  • Le rôle du CSE : Informer les salariés sur leurs droits et veiller à ce que les règles de maintien de salaire conventionnel ou de prévoyance soient appliquées sans rupture.

🔄 Multiplication des points de contact et anticipation de la réintégration

Avec des cycles d’arrêt plus courts (31 jours), le suivi des absences longues se complexifie côté RH et management. Les élus doivent veiller à ce que ce raccourcissement réglementaire ne se transforme pas en pression managériale sur les salariés arrêtés.
  • La visite de pré-reprise : Organisable dès 30 jours d’arrêt, elle devient une étape pivot pour préparer les aménagements de poste ou le temps partiel thérapeutique avant la reprise effective.

📊 Mise à jour des indicateurs de la BDESE

L’application de ces nouvelles règles va impacter les données d’absentéisme de l’entreprise :
  • Le nombre de prescriptions de renouvellement va mathématiquement augmenter.
  • Les représentants du personnel doivent demander au bilan annuel de la santé, de la sécurité et des conditions de travail (CSSCT) une analyse fine de la répartition des arrêts courts vs arrêts prolongés.

3. Plan d’action pour le CSE : 4 démarches concrètes

  1. Inscrire le sujet à l’ordre du jour : Demander à la Direction une information claire lors du prochain CSE sur la manière dont l’entreprise adapte ses processus RH au 1er septembre 2026.
  2. Communiquer auprès des salariés : Publier une note d’information CSE rappelant les nouvelles durées plafonds (31 j / 62 j) et l’importance d’anticiper le renouvellement auprès de leur médecin traitant pour éviter tout trou de rémunération.
  3. Sensibiliser au rôle de la médecine du travail : Promouvoir la visite de pré-reprise dès un mois d’arrêt pour éviter les retours brutaux non préparés.
  4. Vérifier les contrats de prévoyance : S’assurer auprès de la Direction que les délais de franchise et le relais des régimes de prévoyance s’articulent correctement avec les nouveaux rythmes de versement des IJSS.

COMMUNIQUÉ DU COMITÉ SOCIAL ET ÉCONOMIQUE (CSE)

Objet : Évolution des règles sur les arrêts de travail au 1ᵉʳ septembre 2026 — Anticipez vos renouvellements !

Madame, Monsieur, Chers collègues,

Le décret n° 2026-498 du 12 juin 2026 modifie les règles de délivrance des arrêts de travail pour maladie ordinaire pour tout arrêt prescrit à compter du 1ᵉʳ septembre 2026.

Afin d’éviter toute rupture dans le versement de vos indemnités journalières (IJSS) et du maintien de salaire garanti par l’entreprise, vos élus CSE vous synthétisent les éléments clés à retenir.

1. Ce qui change pour la durée de vos arrêts

Sauf justification médicale particulière dûment motivée par votre médecin, la loi impose désormais des durées maximales pour la prise en charge par la Sécurité sociale :

  • Premier arrêt (arrêt initial) : limité à 31 jours maximum (1 mois).

  • Renouvellement (prolongation) : limité à 62 jours maximum par prolongation (2 mois).

2. Le risque : un « trou » de rémunération

Avec ces plafonds, les arrêts longs nécessitent des démarches de renouvellement plus fréquentes. En cas de retard dans la consultation de votre médecin traitant ou d’envoi tardif de votre justificatif à la CPAM et au service RH :

  • Le versement de vos indemnités journalières de Sécurité sociale peut être suspendu.

  • Le complément de salaire versé par l’employeur (ou par la prévoyance) risque d’être bloqué ou différé.

3. Les réflexes à adopter

Pour protéger vos droits et votre rémunération :

  1. Anticipez votre rendez-vous médical : N’attendez pas le dernier jour de votre arrêt pour prendre rendez-vous chez votre médecin traitant si une prolongation s’avère nécessaire.

  2. Respectez le délai de 48 h : Transmettez systématiquement le volet 3 de votre arrêt au service RH et les volets 1 et 2 à votre CPAM sous 48 heures.

  3. Pensez à la visite de pré-reprise : Pour tout arrêt supérieur à 30 jours, vous pouvez solliciter une visite de pré-reprise auprès du service de prévention et de santé au travail. Elle permet de préparer votre retour dans de bonnes conditions (aménagement de poste, temps partiel thérapeutique).

Vos élus CSE restent à votre disposition pour vous accompagner et répondre à vos questions sur l’application de ces nouvelles dispositions.

Vos représentants au CSE

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