Risques de noyade, Code du travail

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Dans son recensement des accidents du travail mortels en France (publié sur le compte X/Twitter @DuAccident et synthétisé dans son ouvrage L’Hécatombe invisible), le chercheur Matthieu Lépine comptabilise 28 décès par noyade sur la période 2019-2022 (6 en 2019, 4 en 2020, 6 en 2021 et 12 en 2022).

Voici les typologies précises de cas réels et récurrents relayés par le compte :

1. Marins et pêcheurs (Homme à la mer)

  • Pêche hauturière et artisanale : Matelots déséquilibrés par la houle, pris dans des filandres ou heurtés par des engins de pêche (chaluts, drague à coquilles St-Jacques) tombant à la mer de nuit ou sous des intempéries, souvent sans gilet auto-gonflant.

  • Marins du commerce et de la batellerie : Chutes lors du franchissement d’écluses, d’amarres qui rompent ou de manœuvres sur la barge en rivière / canal.

2. Secteur du BTP, génie civil et travaux hydrauliques

  • Chantiers sur ouvrages d’art (ponts, viaducs) : Chute depuis un échafaudage ou une nacelle au-dessus d’un cours d’eau sans filet de retenue ni ligne de vie reliée à un EPI de flottaison.

  • Engins de chantier basculés : Conducteurs de pelle mécanique ou de dumper travaillant sur l’aménagement de berges, dont l’engin glisse ou s’effondre dans le canal, la rivière ou un bassin, les piégeant dans la cabine sous l’eau.

  • Curage et entretien de canaux / barrages : Agents d’entretien happés par des courants ou emportés lors d’interventions sur des vannes ou des retenues d’eau.

3. Agriculture et paysagisme

  • Fosses à lisier et bassins de rétention : Agrotechniciens ou agriculteurs chutant dans des fosses ou des bassins d’irrigation à bâche plastique glissante, souvent asphyxiés puis noyés.

  • Élagage et entretien de berges : Paysagistes intervenant en bord de rivière glissant sur une souche ou entraînés dans l’eau par le poids de leur matériel (ex. tronçonneuse thermique).

4. Saisonniers, jeunes travailleurs et précarité

  • Jeunes ouvriers saisonniers : Plusieurs cas relayés concernent de jeunes travailleurs ou stagiaires (parfois non déclarés) affectés à des tâches à proximité de plans d’eau sans sensibilisation préalable ni équipement adapté.

  • Manque d’équipements collectifs de secours : Absence quasi systématique de bouées, gaffes ou d’une embarcation de sécurité prête à intervenir sur les chantiers fixes bordant l’eau (non-respect de l’article R4534-136).