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PROGRAMME DE TRAVAIL POUR RENOVER NOTRE MODELE SOCIAL

PROGRAMME DE TRAVAIL
POUR RENOVER NOTRE MODELE SOCIAL

le détail du programme de travail remis aux partenaires sociaux le 6 juin 2017

Les trente dernières années ont modifié en profondeur, en France comme ailleurs, l’environnement économique et social dans lequel évoluent les entreprises, les salariés, les demandeurs d’emploi et plus largement tous les actifs. Elles ont rebattu les cartes de l’économie mondiale et de la division internationale du travail, ouvrant des opportunités inédites par leur ampleur et leur nature, et créant en même temps de nouvelles difficultés économiques et sociales qui appellent des réponses innovantes.
Libérer l’énergie des entreprises et des actifs tout en donnant de nouveaux moyens concrets à chacun de trouver sa place sur le marché du travail et de construire son parcours professionnel : telle est la transformation sociale profonde dont notre pays a besoin, telle est l’ambition de ce programme de travail proposé aux organisations syndicales et patronales de la nation.

Se donner les moyens d’aborder la mondialisation dans un esprit de conquête et de solidarité suppose de ne pas se replier sur soi, car ce serait le déclin et l’appauvrissement assurés. Mais il ne s’agit pas non plus d’appliquer aveuglément des recettes venues d’ailleurs : la France a une histoire et une tradition sociales qui font sa force, et c’est en y restant fidèle qu’elle retrouvera confiance en elle-même et tracera son propre chemin de réussite dans la mondialisation. Le Gouvernement veillera par exemple à ce que les règles de détachement des travailleurs en Europe définissent des garanties respectueuses de notre modèle social.
Rester fidèle à soi-même ne signifie pas pour autant rester immobile. L’accélération de l’internationalisation des échanges, les mutations technologiques massives, l’individualisation croissante du rapport au travail appellent et exigent de rénover en profondeur notre modèle économique et social, pour mieux soutenir et protéger les personnes et libérer les énergies individuelles et collectives de notre pays.

A cette fin, six grandes réformes complémentaires seront menées dans les 18 prochains mois. Elles entreront en vigueur pour certaines dès la fin de l’été. Elles viseront à :

  1. Faire converger performance sociale et performance économique, en faisant évoluer dès cet été notre droit du travail pour prendre en compte la diversité des attentes des salariés et besoins des entreprises.
  2. Redonner de façon immédiate et visible du pouvoir d’achat aux salariés, par la suppression des cotisations salariales sur l’assurance maladie et l’assurance chômage, financée par un transfert sur la cotisation sociale généralisée et effective dès le 1er janvier 2018.
  3. Renforcer efficacement les dispositifs de formation professionnelle, à travers un plan massif d’investissement pour les demandeurs d’emploi, les jeunes et les salariés dont les métiers sont appelés à évoluer rapidement. Des premières mesures concrètes seront proposées dès la rentrée 2017 et le plan sera opérationnel dès début 2018, avec un volet accompagnement renforcé. L’application numérique du compte personnel de formation, concrète, exhaustive et individualisée sera mise en oeuvre au 1er janvier 2019.
  4. Ouvrir l’assurance chômage aux démissionnaires et aux indépendants, pour permettre à chaque Français de construire ou saisir une opportunité professionnelle sans craindre de perdre toute ressource financière. La réforme sera progressivement mise en oeuvre à compter de l’été 2018.
  5. Refonder l’apprentissage pour développer massivement l’offre des entreprises en direction des moins de 25 ans et lutter efficacement contre le chômage des jeunes. La réforme entrera progressivement en vigueur pendant les deux prochaines années.
  6. Rénover notre système de retraites en le rendant plus transparent et plus juste. Par ailleurs, le dispositif de prévention et de compensation de la pénibilité sera fortement simplifié pour les entreprises et les droits des salariés seront garantis. Dans les prochaines semaines, une mission sera confiée à des personnalités reconnues pour formuler des recommandations opérationnelles afin d’atteindre cet objectif.

METHODE GENERALE : DETERMINATION ET CONCERTATION APPROFONDIE

La rénovation de notre modèle social ne pourra se faire qu’en étroite concertation avec les organisations syndicales et patronales. Pour l’ensemble de ces réformes, la méthode suivie sera celle de la concertation et de la négociation, en garantissant une égalité de disponibilité et de dialogue pour chaque partenaire.
Le programme de travail se déroulera en trois temps :

  1.  Dès les jours qui viennent et jusqu’en septembre, une concertation approfondie sur la rénovation de notre droit du travail débouchera sur la publication d’ordonnances à la fin de l’été.
  2. Dès septembre 2017, un deuxième temps sera consacré à la sécurisation des parcours professionnels pour prévenir et lutter contre le chômage (apprentissage, assurance chômage, formation professionnelle), avec l’examen au parlement d’un projet de loi dédié au printemps 2018.
  3. Un troisième temps sera consacré en 2018 à la rénovation du système de retraites.

METHODE ET CALENDRIER DE REFORMES SUR LE DROIT DU TRAVAIL

Le travail de concertation est l’une des clefs de réussite de la réforme. Celui-ci se déroule en quatre phases, permettant un examen approfondi des sujets avec chaque organisation :

1. Les réunions bilatérales conduites par le Président de la République, le Premier ministre et la ministre du travail jusqu’au 31 mai avec les organisations syndicales et patronales interprofessionnelles et multiprofessionnelles ont permis de donner un cadre à la méthode de concertation.

2. La ministre du travail a ensuite défini plus précisément, via huit réunions bilatérales ad hoc, la méthode, le calendrier et les sujets de fond. Les organisations syndicales et patronales ont été invitées à préciser les sujets qu’elles souhaitaient par ailleurs voir discutés.

3. Deux réunions, à la fois techniques et politiques, pour chacun des trois thèmes suivants et par organisation syndicale et patronale, se dérouleront du 9 juin au 21 juillet, soit 48 réunions au total, auxquelles s’ajouteront les réunions avec les organisations patronales multiprofessionnelles et des organisations syndicales non représentatives :

  •  du 9 au 23 juin se dérouleront les réunions sur le thème de la bonne articulation des niveaux de négociation et des possibilités d’intervention de la négociation collective, pour donner de la capacité d’initiative aux entreprises et aux salariés ;
  • du 26 juin au 7 juillet se dérouleront les réunions sur le thème de la simplification et du renforcement du dialogue économique et social et de ses acteurs ;
  • du 10 au 21 juillet se dérouleront les réunions sur le thème de la sécurisation des relations de travail.

4. Les concertations reprendront ensuite en août pour se clore, début septembre, avec la consultation des organismes compétents dans lesquels siègent notamment les partenaires sociaux afin de recueillir avis et observations sur les projets d’ordonnances.

Plusieurs étapes gouvernementales et parlementaires jalonneront cette première réforme structurante, caractérisée par une concertation continue tout l’été :

1. Le projet de loi d’habilitation sera à l’ordre du jour du conseil des ministres du 28 juin.

2. Il sera examiné et voté durant l’été par le Parlement.

3. Après les ultimes concertations et leur examen en Conseil des ministres, les ordonnances seront publiées d’ici la fin de l’été.

LES OBJECTIFS DE LA REFORME DU DROIT DU TRAVAIL

Conçu historiquement pour organiser les relations de travail dans les grandes entreprises industrielles, notre droit du travail ne répond plus à la diversité des entreprises, des secteurs, des parcours et des attentes des salariés. Au lieu de protéger les salariés et de soutenir l’activité des entreprises, il fragilise parfois les premiers par le décalage entre la règle et les pratiques et freine le développement des secondes, par sa difficulté à s’adapter rapidement à la réalité changeante des situations économiques, notamment dans les TPE/PME et les jeunes entreprises.

L’entreprise d’aujourd’hui n’est plus celle d’hier : s’il serait absurde de nier les divergences d’intérêt qui les traversent, les entreprises de notre temps ont peu de chances de prospérer durablement si les salariés qui s’y investissent n’y trouvent pas un sens à leur travail. La protection égale des salariés contre les aléas de la vie professionnelle, particulièrement en matière de santé, est une valeur cardinale du modèle social français, mais le principe d’égalité ne saurait conduire à l’uniformité de la norme pour tous les salariés de toutes les entreprises, quels que soient la taille et le secteur.

La protection des salariés peut en effet être mieux assurée par des normes négociées entre représentants des salariés et des employeurs dans le respect de principes intangibles fixés par la loi : c’est une voie qui ne se résigne ni à la disparition des protections, ni à l’inadaptation de nos règles aux aspirations des salariés et aux besoins des entreprises. Trouver les solutions innovantes pour articuler performance sociale et performance économique, pour allier bien-être et efficacité au travail, ne peut se faire qu’au plus près du terrain, par un dialogue entre les acteurs directement concernés, dans un cadre souple et protecteur.

Suite aux trois séries d’entretiens avec les partenaires sociaux, il est donc proposé de centrer le travail de concertation sur les trois domaines suivants :

1. La nouvelle articulation de l’accord d’entreprise et de l’accord de branche et l’élargissement sécurisé du champ de la négociation collective

La branche conserve un rôle essentiel pour réguler les conditions de concurrence et définir des garanties économiques et sociales.

Pour autant, l’entreprise est le lieu où la création de la norme sociale permet de répondre de manière pertinente aux besoins spécifiques des salariés et des entreprises en construisant le meilleur compromis au plus près du terrain.

La concertation devra définir la bonne articulation entre les deux niveaux.
De façon complémentaire, il conviendra de réfléchir aux nouveaux champs qui pourraient être ouverts à la négociation collective et aux moyens de mieux sécuriser les accords conclus et leurs modalités d’application et de validité.

La loi doit fixer bien évidemment les règles d’ordre public, de manière accessible et simplifiée, auxquelles la négociation collective ne peut déroger et les dispositions supplétives à défaut d’accord collectif.

2. Simplifier et renforcer le dialogue économique et social et ses acteurs

Notre pays est le seul à morceler la représentation des salariés en quatre instances différentes dans l’entreprise (délégués du personnel, comité d’entreprise, comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail, délégués syndicaux).

Cela ne favorise ni la qualité du dialogue social, qui est éclaté et alourdi, ni la capacité d’influence des représentants des salariés, qui se spécialisent sur certaines questions mais sont privés de la vision d’ensemble. Comment rendre le dialogue social plus efficace dans l’entreprise et représenter de manière adéquate la collectivité de travail, capable d’être à la hauteur des nouveaux enjeux et des nouvelles responsabilités qui lui seront confiés par l’élargissement du champ de la négociation ?

Comment mieux articuler consultation et négociation ?

Quel est le meilleur moyen pour que la stratégie de l’entreprise soit mise en oeuvre avec l’ensemble des parties prenantes ?

De même, le dialogue social dans les TPE et PME devra être facilité pour que toutes les entreprises puissent bénéficier des possibilités d’adaptation qui seront ouvertes à la négociation collective par la loi.
Enfin, un dialogue social rénové suppose des acteurs renforcés, légitimes et la reconnaissance des compétences acquises au cours des différents mandats.

3. Sécuriser les relations de travail, tant pour les employeurs que pour les salariés

Rendre les relations de travail plus prévisibles et plus sereines, oeuvrer en faveur de l’égalité professionnelle, sécuriser les nouveaux modes de travail sont autant d’axes qui doivent structurer la réforme pour redonner confiance à tous, salariés comme employeurs.

Les délais de jugement de plusieurs années dans certains conseils des prud’hommes, l’écart parfois imprévisible entre les décisions de certains conseils, conduisent à une iniquité inacceptable entre les salariés et une méfiance dommageable à tous, salariés comme employeurs, in fine préjudiciable aux relations de travail et à l’emploi.

Il convient donc de favoriser la conciliation prud’homale. De surcroît, la barémisation des dommages et intérêts – et non des indemnités de licenciement – permettra une plus grande équité et redonnera confiance aux employeurs et aux investisseurs, notamment dans les TPE PME. La crainte de l’embauche dans celles-ci est réelle, alors même que le potentiel de création d’emplois y est immense.

De même, certaines règles qui entourent le licenciement et devraient en principe protéger les salariés ne les sécurisent pas réellement. Elles constituent plutôt des freins au recrutement et conduisent parfois par leur formalisme à multiplier les contentieux. Ces règles pèsent sur l’image et l’attractivité de la France sans protéger les individus et seront donc interrogées lors de la concertation.
D’autres normes, par ailleurs, sont devenues très décalées avec les pratiques et les attentes des salariés, comme en matière de télétravail par exemple. Comment les moderniser pour mieux sécuriser les pratiques modernes qui sont déjà entrées dans les moeurs des relations de travail d’aujourd’hui ?

Enfin, la sécurisation des relations de travail passent par l’intelligibilité et l’accessibilité du droit, et les discussions porteront donc également sur les moyens de garantir l’accès de chacun par voie numérique aux normes du travail qui lui sont applicables, de façon concrète, rapide et opérationnelle.

GUIDE D’ÉVALUATION DES INTERVENTIONS DE PRÉVENTION DES RPS-TMS

Ce guide s’inscrit dans un accord-cadre de coopération entre l’INRS et le réseau Anact-Aract qui souhaitent optimiser leur complémentarité, notamment en ce qui concerne la prévention des RPS et des TMS.

ÉVALUER LES INTERVENTIONS DE PRÉVENTION DES RPS-TMS

Il est destiné aux intervenants (institutionnels, consultants, médecins du travail, IPRP, etc.), désireux d’évaluer leurs démarches de prévention RPS ou TMS.

Cette démarche d’évaluation a une vocation « formative » et permet aux intervenants de tirer tous les enseignements d’une intervention donnée pour améliorer leur pratique ultérieure.

Elle permet également aux entreprises bénéficiaires des interventions d’objectiver leurs avancées et les points restant à traiter.

Ce guide pratique accompagne étape par étape les intervenants dans leur démarche d’évaluation.

Il propose des apports méthodologiques sur l’évaluation, des exemples illustratifs et une grille regroupant les conséquences potentielles des démarches de prévention des RPS et TMS.

Il est accompagné du « Document d’évaluation de mon intervention » que l’intervenant pourra renseigner au fur et à mesure de sa démarche.

 

TÉLÉCHARGER anact_guide_evaluations.pdf(PDF, 1.17 MO)

 

Audience publique du mardi 28 février 2017 N° de pourvoi: 15-87260 : N’a organisé aucune formation pratique et appropriée à la sécurité

Références
Cour de cassation 
chambre criminelle 
Audience publique du mardi 28 février 2017 
N° de pourvoi: 15-87260 
Non publié au bulletin Cassation
M. Guérin (président), président 
SCP Masse-Dessen, Thouvenin et Coudray, SCP Thouin-Palat et Boucard, avocat(s)

Texte intégral

REPUBLIQUE FRANCAISE

AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS

LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE CRIMINELLE, a rendu l’arrêt suivant :

Statuant sur le pourvoi formé par :

– La société Labastère 64,

contre l’arrêt de la cour d’appel de PAU, chambre correctionnelle, en date du 29 octobre 2015, qui, pour blessures involontaires, l’a condamnée à 15 000 euros d’amende, et a prononcé sur les intérêts civils ;

La COUR, statuant après débats en l’audience publique du 10 janvier 2017 où étaient présents dans la formation prévue à l’article 567-1-1 du code de procédure pénale : M. Guérin, président, M. Ricard, conseiller rapporteur, M. Straehli, conseiller de la chambre ;

Greffier de chambre : M. Bétron ;

Sur le rapport de M. le conseiller RICARD, les observations de la société civile professionnelle THOUIN-PALAT et BOUCARD, de la société civile professionnelle MASSE-DESSEN, THOUVENIN et COUDRAY, avocats en la Cour, et les conclusions de M. l’avocat général LEMOINE ;

Vu les mémoires produits, en demande et en défense ;

Sur le premier moyen de cassation, pris de la violation des articles L. 4141-2, R. 4141-2, R 4141-13 du code du travail, 121-2, 222-19, 222-21 du code pénal, 591 et 593 du code de procédure pénale, défaut de motifs et manque de base légale ;

 » en ce que l’arrêt attaqué a déclaré la société Labastère 64 coupable du délit de blessures involontaires, dans le cadre du travail, par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de prudence ou de sécurité imposée par la loi ou le règlement, en l’espèce en n’offrant pas une formation suffisante à M. X… quant à l’utilisation du hayon ;

 » aux motifs que, c’est à bon droit que les premiers juges ont retenu la SAS Labastere 64 dans les liens de la prévention ; qu’en effet les dispositions de l’article L. 4141-2 du code du travail mettent à la charge de l’employeur l’organisation d’une formation pratique et appropriée à la sécurité au bénéfice notamment des salariés temporaires ; que selon les dispositions de l’article R. 4141-13 du code du travail, la formation à la sécurité relative aux conditions d’exécution du travail a pour objet d’enseigner au travailleur, à partir des risques auxquels il est exposé :
-1) les comportements et les gestes les plus surs en ayant recours si possible à des démonstrations ;
-2) les modes opératoires retenus s’ils ont une incidence sur sa sécurité ou celle des autres travailleurs ;
-3) le fonctionnement des dispositifs de protection et de secours et les motifs de leur emploi ;

qu’en l’espèce, il est établi par l’enquête que la SAS Labastere 64 n‘a organisé aucune formation pratique et appropriée à la sécurité au bénéfice de M. X..., travailleur temporaire qui avait été mis à sa disposition le jour des faits ; que la relation de M. X… avec la société Labastere s’est limitée au bref contact qu’il a eu lors de la remise du véhicule avec un responsable de cette société qui lui a expliqué très sommairement comment fonctionnait le hayon qu’il devait utiliser ; que les explications n’ont duré que quelques minutes ; que le responsable de la société Labastere ne lui a pas expliqué quel était le poids limite à charger sur le hayon, ni quel était le poids exact de chaque palette ; que le poids de chaque palette n’était pas mentionné sur celles-ci ; que ces quelques explications rapides ne correspondent nullement à la formation à la sécurité prévue par les articles précités du code du travail ; qu’en outre, la mission de chargement des palettes confiée à M. X… ne rentrait pas dans les conditions de l’exception prévue au 3° de l’article L 4141-2 du code du travail, en ce sens qu’il ne s’agissait pas de l’exécution de travaux urgents nécessités par des mesures de sécurité ; qu’ainsi, il est incontestablement établi que la SAS Labastere a manqué à son obligation de formation particulière concernant l’utilisation du hayon à l’égard de M. X… ; que les indications relatives aux qualités professionnelles attendues du salarié qui ont été données à l’entreprise de travail temporaire n’exonéraient nullement la société utilisatrice de ses obligations en matière de formation de ce salarié à la sécurité ; que le jugement déféré sera donc confirmé sur ce premier point ;

 » 1°) alors qu’aucune disposition n’impose que la formation à la sécurité prévue par les articles L. 4141-2 et suivants et R. 4141-1 et suivants du code du travail revête une forme particulière ; qu’en énonçant, pour retenir que la société Labastère 64 avait manqué à l’obligation de formation prévue par ces textes et pour la déclarer, en conséquence, coupable des faits de blessures involontaires ayant entraîné une incapacité totale de travail d’une durée supérieure à trois mois par la violation manifestement délibérée d’une obligation particulière de prudence ou de sécurité imposée par la loi ou le règlement, que les « quelques explications rapides » reçues le matin de sa prise de poste par M. X… ne correspondaient nullement à la formation à la sécurité prévue par le code du travail, sans répondre aux écritures de l’exposante qui faisait valoir que la formation dispensée revêtait un caractère suffisant dès lors que M. X… avait précisément été recruté pour sa compétence dans le maniement du hayon, la cour d’appel a privé sa décision de motifs en violation des dispositions susvisées ;

 » 2°) alors que le délit de blessures involontaires suppose un lien de causalité certain entre la faute et le dommage ; que tout jugement ou arrêt doit comporter les motifs propres à justifier sa décision ; que pour déclarer la société Labastère 64 coupable du délit de blessures involontaires ayant entraîné une incapacité totale de travail supérieure à trois mois, la cour d’appel a seulement affirmé que celle-ci avait manqué à son obligatoire de formation particulière concernant l’utilisation du hayon à l’égard de M. X…, notamment, en ne lui ayant pas indiqué le poids limite qu’il pouvait charger sur le hayon ; qu’en statuant ainsi sans indiquer concrètement en quoi le caractère prétendument inapproprié de la formation qui avait été prodiguée à M. X… aurait contribué de manière certaine à la survenance du dommage la société Labastère 64 soutenant, sans être utilement contredite sur ce point, que le poids maximal de 750 kilos pouvant être supporté par le hayon n’avait pas été dépassé lors de l’accident et partant en s’abstenant de caractériser tout lien de causalité entre la faute d’abstention imputée à la société prévenue et les blessures subies par la victime, la cour d’appel n’a pas légalement justifié sa décision ;

 » 3°) alors que la faute de la victime lorsqu’elle est la cause unique du dommage, exclut toute condamnation du chef de blessures involontaires ; que la société Labastère 64 faisait expressément valoir dans ses écritures que M. X… avait commis une faute constituant la cause exclusive de son dommage en permettant à M. Y…, simple manutentionnaire dépourvu d’expérience, de faire fonctionner le hayon en ses lieu et place, alors qu’il était seul habilité à utiliser cet équipement pour la maîtrise duquel il avait été recruté, et en se plaçant quant à lui sur le hayon pendant les opérations de chargement du matériel, alors qu’il aurait dû se trouver en dehors du plateau ; qu’en déclarant néanmoins la société Labastère 64 coupable de blessures involontaires par manquement à une obligation de prudence ou de sécurité en l’espèce en n’offrant pas une formation suffisante quant à l’utilisation du hayon sans rechercher, comme elle y était invitée, si la faute de M. X… n’était pas la cause exclusive de son dommage, la cour d’appel a privé sa décision de motifs et exposé sa décision à la censure ;

 » 4°) alors en tout état de cause que les personnes morales ne peuvent être déclarées pénalement responsables que s’il est établi qu’une infraction a été commise, pour leur compte, par leurs organes ou représentants, c’est-à-dire par les personnes physiques ayant le pouvoir de direction desdites personnes morales, quand bien même la faute commise serait une faute d’abstention ; qu’en retenant que la société Labastère 64 avait manqué à son obligation de formation particulière concernant l’utilisation du hayon à l’égard de M. X… et en la déclarant coupable du délit de blessures involontaires sans indiquer par l’intermédiaire de quelle personne physique ayant le pouvoir de direction de la société Labastère 64 l’infraction reprochée avait été commise, ni constater qu’elle l’aurait été pour le compte de cette société, la cour d’appel n’a pas mis la Cour de cassation en mesure d’exercer son contrôle et a méconnu les textes susvisés  » ;

Sur le second moyen de cassation, pris de la violation des articles 121-2, 222-19, 221-21 du code pénal, R. 4321-4 du code du travail, 591 et 593 du code de procédure pénale, défaut de motifs et manque de base légale ;

 » en ce que l’arrêt attaqué a déclaré la société Labastère 64 coupable du délit de blessures involontaires, dans le cadre du travail, par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de prudence ou de sécurité imposée par la loi ou le règlement, en l’espèce en ne mettant pas à disposition du salarié un équipement de travail adapté aux fonctions qui lui étaient attribuées en l’absence d’indication du poids des palettes de fenêtres ;

 » aux motifs que les dispositions de l’article R. 4321-4 du code du travail mettent à la charge de l’employeur l’obligation de mettre à la disposition des travailleurs, en tant que de besoin, les équipements de protection individuelle appropriés et, lorsque le caractère particulièrement insalubre ou salissant des travaux l’exige, les vêtements de travail appropriés ; qu’il doit veiller à leur utilisation effective ; en l’espèce que c’est à bon droit que les premiers juges ont retenu la société Labastere 64 dans les liens de la prévention puisqu’en l’absence d’indication par cette société du poids des palettes de fenêtres, M. X… ne pouvait vérifier l’adéquation de leur charge avec le poids maximal de 750 kilogrammes prévue pour l’utilisation du hayon ; qu’en outre, aucun responsable de la société Labastère n’était présent lors du chargement des palettes de fenêtre pour veiller à l’utilisation effective du hayon dans les limites du poids desdites palettes ; que le jugement déféré sera confirmé sur ce second point ;

 » 1°) alors que la loi pénale est d’interprétation stricte ; que seule peut justifier une condamnation pénale pour manquement à une obligation de prudence ou de sécurité ayant entraîné des blessures involontaires, sur le fondement de l’article R. 4321-4 du code du travail, le fait pour l’employeur de s’être abstenu de mettre à la disposition des travailleurs « des équipements de protection individuelle appropriés » ou des « vêtements de travail appropriés », dont l’absence dûment constatée aurait causé des blessures involontaires ; qu’en énonçant que les premiers juges avaient à bon droit retenu la société Labastère 64 dans les liens de la prévention sur le fondement de ce texte « puisqu’en l’absence d’indication par cette société du poids des palettes de fenêtre, M. X… ne pouvait vérifier l’adéquation de leur charge avec le poids maximal de 750 kilogrammes prévue pour l’utilisation du hayon » et qu’aucun responsable de la société n’était présent pour veiller à l’utilisation effective du hayon dans les limites du poids desdites palettes, sans caractériser aucun manquement de l’employeur dans la fourniture « d’équipements de protection individuelle appropriés » ou de « vêtements de travail appropriés », la cour d’appel a privé sa décision de motifs et exposé sa décision à la censure ;

 » 2°) alors qu’en tout état de cause les personnes morales ne peuvent être déclarées pénalement responsables que s’il est établi qu’une infraction a été commise, pour leur compte, par leurs organes ou représentants, c’est-à-dire par les personnes physiques ayant le pouvoir de direction desdites personnes morales, quand bien même la faute commise serait une faute d’abstention ; qu’en retenant que la société Labastère 64 avait manqué à son obligation de fournir des équipements de protection individuelle appropriés et de veiller à leur utilisation effective et en la déclarant coupable du délit de blessures involontaires sans indiquer par l’intermédiaire de quelle personne physique ayant le pouvoir de direction de la société Labastère 64 l’infraction reprochée avait été commise, ni constater qu’elle l’aurait été pour le compte de cette société, la cour d’appel a méconnu les textes susvisés  » ;

Les moyens étant réunis ;

Attendu qu’il résulte de l’arrêt attaqué et des pièces de procédure que M. X…, de même qu’un autre employé, tous deux ayant la qualification de chauffeur-livreur, ont été mis à la disposition de la société Labastère 64 par une société de travail intérimaire pour une journée ; qu’un responsable de la société utilisatrice leur a confié la mission de charger des palettes de fenêtres sur un camion disposant d’un hayon afin de les transporter jusqu’à un chantier, leur fournissant, à cette occasion, des explications relatives à la réalisation de ces opérations ; qu’après avoir procédé, seuls, au chargement d’une première palette au moyen d’un transpalette, les deux hommes ont réitéré cette opération en plaçant sur le hayon une seconde palette, plus lourde que la précédente ; que, durant l’élévation du hayon sur lequel M. X… avait pris place à proximité de la palette, cette dernière a basculé vers l’arrière et est tombée sur une jambe de celui-ci alors qu’il avait chuté au sol ; qu’il en est résulté des blessures ayant entraîné une incapacité totale de travail de six mois ; que la société Labastère 64 a été poursuivie du chef de blessures involontaires ayant entraîné une incapacité totale de travail pendant plus de trois mois par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de prudence ou de sécurité imposée par la loi ou le règlement ; que le tribunal correctionnel a déclaré cette société coupable des faits qui lui étaient reprochés ; que la société Labastère 64, de même que le procureur de la République, ont relevé appel de cette décision ;

Sur le premier moyen de cassation, pris en ses trois premières branches :

Attendu qu’au titre du délit de blessures involontaires résultant d’un défaut de formation suffisante des salariés, l’arrêt retient, notamment, qu’aucune formation pratique et appropriée à la sécurité n’a été organisée au bénéfice de la victime, travailleur temporaire mis à la disposition de la société Labastère 64 le jour des faits, à l’exception d’un bref contact avec un responsable de cette société lui ayant fourni des explications sommaires quant au fonctionnement du hayon qu’il avait pour mission d’utiliser et sans préciser ni le poids maximal supporté par ce hayon, ni celui de chaque palette ; que les juges ajoutent que ces explications ne correspondent pas à la formation à la sécurité prévue par les articles L. 4141-2 et R. 4141-13 du code du travail, alors que les qualités professionnelles attendues de ce salarié, telles que transmises à l’entreprise de travail temporaire, n’ont pu exonérer la société utilisatrice de ses obligations ; que la cour d’appel en déduit que l’absence de formation suffisante, dès lors qu’aucun responsable de cette société n’était présent lors de ces opérations afin de veiller à la correcte utilisation du hayon dans les limites du poids desdites palettes, n’a pas permis à M. X… de vérifier l’adéquation de la charge au poids maximal supporté par le hayon de sorte qu’elle a directement concouru à la réalisation du dommage ;

Attendu qu’en se déterminant ainsi par des motifs d’où il se déduit, d’une part, l’absence de faute de la victime constitutive d’une cause exclusive de l’accident, d’autre part, l’existence d’une faute d’imprudence et de négligence en lien causal avec le dommage causé à la victime, la cour d’appel a justifié sa décision ;

D’où il suit que les griefs ne sont pas fondés ;

Sur le second moyen de cassation, pris en sa première branche :

Attendu que, s’agissant du délit de blessures involontaires commis par défaut d’information suffisante aux salariés, l’arrêt relève notamment qu’aucune précision n’a été fourni à la victime, ni quant au poids maximal supporté par le hayon qu’il avait pour mission d’utiliser, ni quant à celui de chaque palette qu’il devait transporter ; que la cour d’appel en déduit que ce défaut d’information n’a pas permis à M. X… de vérifier l’adéquation de la charge au poids maximal supporté par le hayon de sorte qu’il a directement concouru à la réalisation du dommage ;

Attendu qu’en l’état de ces énonciations, abstraction faite du motif erroné, mais surabondant selon lequel l’absence de précision quant à ces éléments techniques contreviendrait à l’obligation, à la charge de l’employeur, de mettre à la disposition des travailleurs les équipements de protection individuelle conformément à l’article R. 4321-4 du code du travail, la cour d’appel, qui a caractérisé l’existence d’une faute d’imprudence et de négligence en lien causal avec le dommage causé à la victime, a justifié sa décision ;

D’où il suit que le grief n’est pas fondé ;

Mais sur le premier moyen, pris en sa quatrième branche et sur le second moyen, pris en sa seconde branche :

Vu les articles 121-2 du code pénal et 593 du code de procédure pénale ;

Attendu que, d’une part, les personnes morales, à l’exception de l’Etat, sont responsables pénalement des infractions commises, pour leur compte, par leurs organes ou représentants ;

Attendu que, d’autre part, tout jugement ou arrêt doit comporter les motifs propres à justifier la décision ; que l’insuffisance ou la contradiction des motifs équivaut à leur absence ;

Attendu que, pour déclarer la prévenue coupable des faits qui lui sont reprochés, l’arrêt se borne à mentionner que l’intervention de la société Labastère 64 auprès de M. X… s’est limitée à un contact entre un responsable de ladite société et ce dernier au cours duquel il a été sommairement expliqué à celui-ci le fonctionnement du hayon qu’il devait utiliser lors de l’exécution de sa mission, sans bénéficier de précision, ni sur le poids maximal supporté par ce hayon, ni sur celui de chaque palette qu’il devait transporter ;

Mais attendu qu’en prononçant ainsi, sans rechercher si les manquements relevés résultaient de l’abstention de l’un des organes ou représentants de la société prévenue, et s’ils avaient été commis pour le compte de cette société, la cour d’appel n’a pas justifié sa décision au regard de l’article 121-2 du code pénal ;

D’où il suit que la cassation est encourue de ce chef ;

Par ces motifs :

CASSE et ANNULE, en toutes ses dispositions, l’arrêt susvisé de la cour d’appel de Pau, en date du 29 octobre 2015, et pour qu’il soit à nouveau jugé, conformément à la loi,

RENVOIE la cause et les parties devant la cour d’appel de Bordeaux, à ce désignée par délibération spéciale prise en chambre du conseil ;

DIT n’y avoir lieu à application de l’article 618-1 du code de procédure pénale ;

ORDONNE l’impression du présent arrêt, sa transcription sur les registres du greffe de la cour d’appel de Pau et sa mention en marge ou à la suite de l’arrêt annulé ;

Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, chambre criminelle, et prononcé par le président le vingt-huit février deux mille dix-sept ;

En foi de quoi le présent arrêt a été signé par le président, le rapporteur et le greffier de chambre.

Le burn-out est favorisé par les nouvelles organisations du travail .

Alors que les troubles psychosociaux représentent aujourd’hui le premier problème de santé au travail observés dans les centres de consultation de pathologies professionnelles, le burn-out reste une réalité mal définie et mal quantifiée, pointe le rapport « relatif au syndrome d’épuisement professionnel » présenté à l’Assemblée nationale le 9 février 2017.

C’est pour cette raison que la mission parlementaire exclut la reconnaissance en bonne et due forme du burn-out en tant que maladie d’origine professionnelle, tandis que les maladies psychiques le sont depuis la loi Rebsamen de 2015. Car il reste difficile de distinguer les causes liées au travail d’un malaise plus général chez la victime d’un épuisement professionnel. Et la notion de burn-out recouvre une « grande diversité de situations », souligne la mission parlementaire de Gérard Sebaoun (PS).

En revanche, la responsabilité du management est clairement identifiée par la mission parlementaire : un management défaillant, une charge de travail trop importante, des relations tendues avec les clients… peuvent constituer autant de raisons à l’épuisement d’un salarié.

L’enjeu s’avère de taille : plus de trois millions de salariés pourraient présenter un risque d’épuisement au travail, selon une enquête du cabinet Technologia.

Evolutions structurelles du monde du travail

Le rapport du 9 février 2017 met en exergue plusieurs évolutions structurelles du monde du travail, qui ont pu favoriser l’émergence de cette pathologie. En premier lieu, l’intensification du travail commandée par « une économie toujours plus concurrentielle et mondialisée », qui a incité les entreprises à rationaliser au maximum les processus de production.

Des processus largement accompagnés par les politiques publiques de ces dernières années, orientées vers la baisse du coût du travail et l’augmentation de la compétitivité (baisse des charges, assouplissement des 35 heures, défiscalisation des heures supplémentaires…).

« Ces politiques de traitement du seul coût du travail ont montré leurs limites », analyse le rapport, soulignant la nécessité de développer d’autres pistes pour améliorer la compétitivité hors coût, comme l’investissement dans la recherche et développement et le mieux-être au travail.

« L’envahissement de la vie personnelle par la vie professionnelle, notamment depuis l’avènement des nouvelles technologies de l’information et de la…

En savoir plus sur LE MONDE ECONOMIE | | Par Catherine Quignon

Décret n° 2011-774 du 28 juin 2011 portant modification du décret n° 82-453 du 28 mai 1982 modifié relatif à l’hygiène et la sécurité du travail ainsi qu’à la prévention médicale dans la fonction publique

  • Article 28

    Le titre IV du même décret, comprenant les articles 29 à 60, est remplacé par les dispositions suivantes :

    « TITRE IV

    « COMITÉ D’HYGIÈNE, DE SÉCURITÉ ET DES CONDITIONS DE TRAVAIL

    « Art. 29. ― Les comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail institués par l’article 16 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l’Etat sont régis par les dispositions fixées par le présent titre.

    « Art. 30. ― L’organisation générale des comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail au sein d’un département ministériel est fixée après consultation des organisations syndicales représentées au comité technique ministériel de ce département.

    « Chapitre Ier« Organisation des comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail

    « Art. 31. ― Dans chaque département ministériel, un comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail ministériel est créé auprès du ministre par arrêté du ministre intéressé.
    « Il peut être créé un comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail commun à plusieurs départements ministériels par arrêté conjoint des ministres intéressés.
    « Par dérogation au premier alinéa, il peut être créé, par arrêté conjoint des ministres intéressés, un comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail unique pour plusieurs départements ministériels.
    « Dans les cas prévus aux deuxième et troisième alinéas ci-dessus, l’arrêté précise le ou les ministres auprès desquels le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail est placé.

    « Art. 32. ― Pour chaque administration centrale, est créé, par arrêté du ministre, un comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail de proximité, dénommé comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail d’administration centrale, placé auprès du secrétaire général ou du directeur des ressources humaines de l’administration centrale, compétent pour les services d’administration centrale et pour les services à compétence nationale.
    « Il peut être créé un comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail commun d’administration centrale placé auprès du ou des secrétaires généraux ou du ou des directeurs des ressources humaines de l’administration centrale de plusieurs départements ministériels, par arrêté conjoint des ministres concernés.
    « Par dérogation au premier alinéa, il peut être créé, par arrêté conjoint des ministres concernés, un comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail unique d’administration centrale pour les administrations centrales de plusieurs départements ministériels. L’arrêté détermine le ou les secrétaires généraux ou le ou les directeurs des ressources humaines auprès duquel ou desquels le comité est placé.
    « Par dérogation également au premier alinéa, lorsqu’un département ministériel ne comporte pas de services déconcentrés, la création d’un comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail d’administration centrale est facultative. Dans ce cas, le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail ministériel se substitue au comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail d’administration centrale.

    « Art. 33. ― Il peut être créé, par arrêté du ministre, auprès d’un directeur général un comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail de réseau compétent pour les services centraux, les services déconcentrés ou les services à compétence nationale relevant de cette direction ainsi que pour les établissements publics de l’Etat en relevant par un lien exclusif en termes de missions et d’organisation.
    « Dans ce cas, le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail de proximité des personnels affectés dans les services centraux de ce réseau est soit le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail d’administration centrale mentionné à l’article 32, soit un comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail de proximité, créé pour ces seuls personnels, par arrêté du ministre, dénommé comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail de service central de réseau.
    « De même, le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail de proximité des personnels affectés dans un service à compétence nationale relevant du réseau est soit le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail d’administration centrale mentionné à l’article 32, soit un comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail de proximité, créé pour ces seuls personnels, par arrêté du ministre, dénommé comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail de service à compétence nationale, soit un comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail unique créé conformément au cinquième alinéa de l’article 36 du présent décret.
    « Par dérogation aux deux alinéas précédents, le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail de service central de réseau peut constituer le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail de proximité des personnels affectés dans un service à compétence nationale en cas d’insuffisance des effectifs dans ce service ou lorsque l’intérêt du service le justifie.

    « Art. 34. ― Au niveau déconcentré, en fonction de l’organisation territoriale du département ministériel concerné, est créé, par arrêté du ministre, au moins un comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail de proximité dénommé comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail auprès du chef de service déconcentré concerné. Lorsque le service déconcentré est placé sous l’autorité de plusieurs ministres, le comité est créé par un arrêté conjoint de ces ministres.
    « Est également créé, par arrêté du préfet, auprès du directeur départemental interministériel un comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail de direction départementale interministérielle.
    « Il peut être créé un comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail commun à tout ou partie des services déconcentrés d’un même niveau territorial ou implantés dans un même ressort géographique, relevant d’un ou de plusieurs ministères, placé auprès d’un ou de plusieurs chefs de service ou du préfet du ressort territorial correspondant, par arrêté conjoint des ministres intéressés.
    « Par dérogation au premier alinéa, il peut être créé, par arrêté du ou des ministres intéressés, un comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail unique pour tout ou partie des services déconcentrés d’un même niveau territorial, relevant d’un ou de plusieurs départements ministériels, auprès du ou des chefs de service déconcentrés désignés à cet effet.
    « Par dérogation également au premier alinéa, il peut être créé, par arrêté du ou des ministres intéressés, un comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail unique pour tout ou partie des services déconcentrés ou délocalisés implantés dans un même ressort géographique et relevant d’un même département ministériel ou d’un groupe de départements ministériels ayant une gestion commune du personnel, auprès du ou des chefs de service désignés à cet effet.

    « Art. 35. ― I. ― Dans chaque établissement public de l’Etat ne présentant pas un caractère industriel ou commercial, un comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail dénommé comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail d’établissement public, placé auprès du directeur ou du directeur général de l’établissement public concerné, est créé par arrêté du ou des ministres de tutelle.
    « Il peut être créé un comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail commun à tout ou partie des établissements publics de l’Etat ne présentant pas un caractère industriel ou commercial dépendant d’un même département ministériel, par arrêté du ou des ministres de tutelle. L’arrêté de création détermine la ou les autorités auprès de laquelle ou desquelles le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail est institué.
    « Par dérogation au premier alinéa, il peut être créé un comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail unique pour plusieurs établissements publics de l’Etat ne présentant pas un caractère industriel ou commercial en cas d’effectifs insuffisants dans l’un de ces établissements, par arrêté du ou des ministres de tutelle. L’arrêté de création détermine la ou les autorités auprès de laquelle ou desquelles le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail est institué.
    « II. ― Au sein de chaque autorité administrative indépendante non dotée de la personnalité morale, sauf en cas d’insuffisance des effectifs, un comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail est créé auprès de l’autorité administrative indépendante, par décision de cette dernière.

    « Art. 36. ― Des comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail spéciaux de service ou de groupe de services peuvent être créés, dès lors que le regroupement d’agents dans un même immeuble ou un même ensemble d’immeubles le rend nécessaire, ou que l’importance des effectifs ou des risques professionnels particuliers le justifie :
    « 1° Concernant des services autres que déconcentrés :
    « a) Auprès d’un directeur général, directeur ou chef de service d’administration centrale, par arrêté du ministre ;
    « b) Auprès d’un chef de service à compétence nationale, par arrêté du ministre ;
    « c) Auprès du responsable d’une ou de plusieurs entités d’un service à compétence nationale, d’un établissement public de l’Etat ne présentant pas un caractère industriel et commercial, d’une autorité administrative indépendante non dotée de la personnalité morale, par décision du chef de service ou du directeur ou du directeur général concerné ;
    « d) Auprès d’un directeur général, directeur, chef de service d’administration centrale pour tout ou partie des services à compétence nationale relevant d’un ou de plusieurs départements ministériels, par arrêté du ou des ministres intéressés ;
    « 2° Concernant les services déconcentrés :
    « a) Auprès d’un ou de plusieurs ministres ou d’un ou de plusieurs directeurs d’administration centrale pour tout ou partie des services déconcentrés relevant du ou des départements ministériels concernés, ou de la ou des directions d’administration centrale concernées, par arrêté du ou des ministres intéressés ;
    « b) Auprès du préfet territorialement compétent ou, le cas échéant, d’un ou de plusieurs chefs de services déconcentrés pour tout ou partie des services déconcentrés ou délocalisés, relevant d’un même ou de plusieurs départements ministériels, implantés dans un même ressort géographique régional ou départemental, par arrêté du ou des ministres intéressés ;
    « c) Auprès d’un chef de service déconcentré pour l’ensemble des services placés sous son autorité lorsqu’aucun comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail de proximité n’a été créé auprès de lui en application de l’article 34 du présent décret, par arrêté du ministre ;
    « d) Auprès du responsable d’une ou de plusieurs entités d’un service déconcentré par arrêté du chef de service déconcentré concerné.
    « La création des comités mentionnés au c et au d du 1° et au d du 2° du présent article est arrêtée après consultation des organisations syndicales représentées au sein du comité technique du service, de l’établissement public ou de l’autorité administrative concerné.

    « Art. 36-1. ― Les dispositions des articles 34 et 36 sont applicables à la création de comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail au bénéfice des personnels civils de gendarmerie.

    « Art. 37. ― L’arrêté ou la décision de création d’un comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail détermine le ou, le cas échéant, les comités techniques auquel il apporte son concours sur les matières relevant de sa compétence conformément à l’article 48.

    « Art. 38. ― La création de comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail spéciaux de l’article 36 peut être proposée par l’inspecteur santé et sécurité au travail.

    « Chapitre II« Composition des comités d’hygiène de sécurité et des conditions de travail

    « Art. 39. ― Les comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail comprennent, outre la ou les autorités auprès desquelles ils sont placés, le responsable ayant autorité en matière de gestion des ressources humaines ainsi que des représentants du personnel.
    « Le nombre des représentants du personnel titulaires ne peut être supérieur à sept en ce qui concerne les comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail créés en application des articles 31,32 et 33 du présent décret. Pour les autres comités, le nombre des représentants titulaires du personnel est compris entre trois et neuf. Ces représentants titulaires ont un nombre égal de suppléants.
    « Le nombre de représentants du personnel est fixé, en fonction de l’importance des effectifs ou de la nature des risques professionnels, par l’arrêté ou la décision portant création du comité.
    « Le médecin de prévention et les agents mentionnés à l’article 4 assistent aux réunions du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail.
    « En outre, lors de chaque réunion du comité, le président est assisté en tant que de besoin par le ou les représentants de l’administration exerçant auprès de lui des fonctions de responsabilité et intéressés par les questions ou projets de textes soumis à l’avis du comité.
    « Un agent chargé, par l’autorité auprès de laquelle est placé le comité, du secrétariat administratif assiste aux réunions.

    « Art. 40. ― Outre les personnes prévues à l’article 39, l’inspecteur santé et sécurité au travail peut assister aux travaux du comité d’hygiène et de sécurité. Il est informé des réunions et de l’ordre du jour des comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail de son champ de compétence.

    « Art. 41. ― La durée du mandat des représentants du personnel au sein des comités d’hygiène et de sécurité et des conditions de travail est fixée à quatre ans.
    « Toutefois, lorsqu’un comité est créé ou renouvelé en cours de cycle électoral, les représentants du personnel sont désignés dans les conditions fixées au présent décret pour la durée du mandat restant à courir avant le renouvellement général.
    « En cas de réorganisation de services en cours de cycle électoral, le ou les comités d’hygiène et de sécurité et des conditions de travail existants du ou des services concernés peuvent demeurer compétents, par arrêté ou décision de la ou des autorités intéressées, et, le cas échéant, siéger en formation conjointe jusqu’au renouvellement général suivant, dès lors que cette formation conjointe correspond au périmètre du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail à mettre en place au sein du nouveau service. Le mandat des membres de ces instances est maintenu pour la même période.

    « Chapitre III« Mode de désignation des membres des comités d’hygiène de sécurité et des conditions de travail

    « Art. 42. ― Les représentants du personnel au sein des comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail sont désignés librement par les organisations syndicales de fonctionnaires remplissant, dans la fonction publique de l’Etat, les conditions exigées par l’article 9 bis de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires.
    « A cet effet, pour chaque département ministériel, direction, service ou établissement public appelé à être doté d’un comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail en application des articles du présent décret, une liste des organisations syndicales habilitées à désigner des représentants ainsi que le nombre de sièges auxquels elles ont droit est arrêtée, proportionnellement au nombre de voix obtenues lors de l’élection ou de la désignation des représentants du personnel dans les comités techniques.
    « Par dérogation au deuxième alinéa, en l’absence de comité technique au niveau où est créé le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail, la liste des organisations syndicales habilitées à désigner des représentants ainsi que le nombre de sièges auxquels elles ont droit peut être arrêtée dans les conditions suivantes :
    « 1° Soit, pour la composition d’un comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail de périmètre plus large, par addition des suffrages obtenus pour la composition de comités techniques de périmètre plus restreint ;
    « 2° Soit, pour la composition d’un comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail de périmètre plus restreint, par dépouillement à ce niveau des suffrages recueillis pour la composition d’un comité technique de périmètre plus large ;
    « 3° Soit après une consultation du personnel organisée selon les modalités prévues aux articles 18 à 33 du décret n° 2011-184 du 15 février 2011 relatif aux comités techniques dans les administrations et les établissements publics de l’Etat.
    « Les sièges obtenus sont répartis à la représentation proportionnelle à la plus forte moyenne.
    « La liste mentionnée aux premier et deuxième alinéas du présent article est établie par un arrêté ou une décision de l’autorité auprès de laquelle le comité est constitué. Cet arrêté ou cette décision impartit un délai pour la désignation des représentants du personnel.

    « Art. 43. ― Les représentants du personnel peuvent être choisis parmi les agents exerçant leurs fonctions dans le périmètre du département ministériel, de la ou des directions, du ou des services ou de l’établissement public au titre duquel le comité est institué.
    « Ces agents doivent remplir, dans le périmètre du comité, les conditions suivantes :
    « 1° Lorsqu’ils ont la qualité de fonctionnaire titulaire, être en position d’activité ou de congé parental ou être accueillis en détachement ou par voie d’affectation dans les conditions du décret n° 2008-370 du 18 avril 2008 ou de mise à disposition ;
    « 2° Lorsqu’ils ont la qualité de fonctionnaire stagiaire, être en position d’activité ou de congé parental. Les élèves et les stagiaires en cours de scolarité ne peuvent pas être désignés représentants du personnel ;
    « 3° Lorsqu’ils sont agents contractuels de droit public ou de droit privé, bénéficier d’un contrat à durée indéterminée ou depuis au moins deux mois, d’un contrat d’une durée minimale de six mois ou d’un contrat reconduit successivement depuis au moins six mois. En outre, ils doivent exercer leurs fonctions ou être en congé rémunéré ou en congé parental ;
    « 4° Lorsqu’ils sont personnels à statut ouvrier, être en service effectif ou en congé parental ou bénéficier de toute forme de congé rémunéré ou être accueillis par voie de mise à disposition. Parmi cette catégorie d’agents, ceux effectuant le stage valant essai d’embauche ne peuvent pas être désignés.

    « Art. 44. ― En sus des conditions prévues à l’article 43, ne peuvent être désignés :
    « 1° Les agents en congé de longue maladie, de longue durée ou de grave maladie ;
    « 2° Les agents qui ont été frappés d’une rétrogradation ou d’une exclusion temporaire des fonctions de trois mois à deux ans, à moins qu’ils n’aient été amnistiés ou qu’ils n’aient bénéficié d’une décision acceptant leur demande tendant à ce qu’aucune trace de la sanction prononcée ne subsiste à leur dossier ;
    « 3° Les agents frappés d’une des incapacités énoncées aux articles L. 5 et L. 6 du code électoral.
    « Ces exclusions sont applicables aux fonctionnaires titulaires ou stagiaires, aux agents contractuels de droit public ou privé ainsi qu’aux agents à statut ouvrier devant être désignés en qualité de représentants du personnel.

    « Art. 45. ― Il est mis fin au mandat d’un représentant du personnel titulaire ou suppléant :
    « 1° Lorsqu’il démissionne de son mandat ;
    « 2° Lorsqu’il ne remplit plus les conditions fixées par l’article 43 du présent décret ;
    « 3° Lorsqu’il est placé dans un cas prévu à l’article 44 lui faisant perdre sa qualité de représentant ;
    « 4° Lorsque l’organisation syndicale qui l’a désigné en fait la demande par écrit. La cessation des fonctions est effective un mois après la réception de cette demande par l’autorité auprès de laquelle est placé le comité.
    « Lorsqu’il est mis fin au mandat d’un représentant du personnel, il est remplacé par un représentant désigné dans les mêmes conditions.
    « Le remplaçant est nommé pour la durée du mandat restant à courir.
    « Art. 46. ― La liste nominative des représentants du personnel aux comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail, ainsi que l’indication de leur lieu habituel de travail, doit être portée à la connaissance des agents.

    « Chapitre IV« Rôle des comités techniques et des comités d’hygiène de sécurité et des conditions de travail

    « Art. 47. ― Conformément à l’article 16 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 susmentionnée et sous réserve des compétences des comités techniques mentionnées à l’article 48 du présent décret, les comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail ont pour mission, à l’égard du personnel du ou des services de leur champ de compétence et de celui mis à la disposition et placé sous la responsabilité du chef de service par une entreprise extérieure :
    « 1° De contribuer à la protection de la santé physique et mentale et de la sécurité ;
    « 2° De contribuer à l’amélioration des conditions de travail, notamment en vue de faciliter l’accès des femmes à tous les emplois et de répondre aux problèmes liés à la maternité ;
    « 3° De veiller à l’observation des prescriptions légales prises en ces matières.

    « Art. 48. ― Le comité technique bénéficie du concours du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail dans les matières relevant de sa compétence et peut le saisir de toute question. Il examine en outre les questions dont il est saisi par le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail auquel il apporte son concours dans les conditions prévues à l’article 37.
    « Le comité technique reçoit communication du rapport annuel et, le cas échéant, du programme annuel de prévention des risques professionnels prévus à l’article 61 ci-dessous accompagnés de l’avis formulé par le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail.
    « Lorsqu’il n’existe pas de comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail, le comité technique est compétent pour émettre un avis sur les questions et projets de textes relatifs à l’hygiène, à la sécurité et aux conditions de travail.

    « Art. 49. ― Les comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail sont compétents pour examiner les questions intéressant les seuls services au titre desquels ils ont été créés.
    « Toutefois :
    « 1° Le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail ministériel peut recevoir compétence pour examiner des questions communes à tout ou partie des établissements publics administratifs relevant du département ministériel considéré, lorsqu’il n’existe pas de comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail commun à ces établissements créé à cet effet ou que l’intérêt du service le commande ;
    « 2° Le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail ministériel peut recevoir compétence pour examiner les questions concernant un ou plusieurs établissements publics en cas d’insuffisance des effectifs dans ces établissements ;
    « 3° Les comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail communs créés conformément aux articles 31,32,34 et 35 du présent décret, sont seuls compétents pour l’examen des questions communes intéressant les services pour lesquels ils sont créés.

    « Art. 50. ― Sans préjudice des dispositions prévues au 1° et au 2° de l’article 49, le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail ministériel examine les questions relevant des articles 47 et 57 à 60 intéressant l’ensemble des services centraux, des services à compétence nationale et des services déconcentrés du département ministériel.
    « Il débat au moins une fois par an des orientations stratégiques du ministère en matière de politique de prévention des risques professionnels.
    « Il est en outre consulté ou prend connaissance des documents prévus au 1° de l’article 61 et à l’article 63.

    « Chapitre V« Attributions des comités d’hygiène de sécurité et des conditions de travail

    « Art. 51. ― Le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail procède à l’analyse des risques professionnels dans les conditions définies par l’article L. 4612-2 du code du travail.
    « Le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail contribue en outre à la promotion de la prévention des risques professionnels et suscite toute initiative qu’il estime utile dans cette perspective conformément à l’article L. 4612-3 du même code. Il peut proposer notamment des actions de prévention du harcèlement moral et du harcèlement sexuel.
    « Le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail suggère toute mesure de nature à améliorer l’hygiène et la sécurité du travail, à assurer l’instruction et le perfectionnement des agents dans les domaines de l’hygiène et de la sécurité. Il coopère à la préparation des actions de formation à l’hygiène et à la sécurité et veille à leur mise en œuvre.
    « Il exerce ses attributions et est consulté dans les conditions et limites précisées pour chaque catégorie de comité par les articles 49 et 50 du présent décret.

    « Art. 52. ― Les membres du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail procèdent à intervalles réguliers à la visite des services relevant de leur champ de compétence. Ils bénéficient pour ce faire d’un droit d’accès aux locaux relevant de leur aire de compétence géographique dans le cadre des missions qui leur sont confiées par ledit comité, selon la procédure prévue à l’article 72. Une délibération du comité fixe l’objet, le secteur géographique de la visite et la composition de la délégation chargée de cette visite.
    « Cette délégation du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail doit comporter le président ou son représentant et des représentants des personnels. Elle peut être assistée du médecin de prévention, de l’inspecteur santé et sécurité au travail et de l’assistant ou du conseiller de prévention. Les missions accomplies dans le cadre du présent article doivent donner lieu à un rapport présenté au comité.
    « Toutes facilités doivent être accordées aux délégations des comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail dans le cadre de l’exercice de ce droit.
    « Les conditions d’exercice du droit d’accès peuvent faire l’objet d’adaptations s’agissant des administrations ou des services soumis à des procédures d’accès réservé par la réglementation. Ces adaptations sont fixées par voie d’arrêté conjoint du ministre chargé de la fonction publique et du ministre concerné.

    « Art. 53. ― Le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail procède, dans le cadre de sa mission d’enquête en matière d’accidents du travail, d’accidents de service ou de maladies professionnelles ou à caractère professionnel, à une enquête à l’occasion de chaque accident de service ou de chaque maladie professionnelle ou à caractère professionnel au sens des 3° et 4° de l’article 6.
    « Les enquêtes sont réalisées par une délégation comprenant le président ou son représentant et au moins un représentant des organisations syndicales siégeant au comité. Le médecin de prévention, l’assistant ou, le cas échéant, le conseiller de prévention ainsi que l’inspecteur santé et sécurité au travail peuvent participer à la délégation.
    « Le comité est informé des conclusions de chaque enquête et des suites qui leur sont données.

    « Art. 54. ― Le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail peut demander à entendre le chef d’un établissement voisin dont l’activité expose les travailleurs de son ressort à des nuisances particulières. Il est informé des suites réservées à ses observations.

    « Art. 55. ― Le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail peut demander au président de faire appel à un expert agréé conformément aux articles R. 4614-6 et suivants du code du travail :
    « 1° En cas de risque grave, révélé ou non par un accident de service ou par un accident du travail ou en cas de maladie professionnelle ou à caractère professionnel ;
    « 2° En cas de projet important modifiant les conditions de santé et de sécurité ou les conditions de travail, prévu à l’article 57 ;
    « Les frais d’expertise sont supportés par l’administration ou l’établissement dont relève le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail.
    « Le chef de service ou d’établissement fournit à l’expert les informations nécessaires à sa mission. Ce dernier est soumis à l’obligation de discrétion définie à l’article 73.
    « La décision de l’administration refusant de faire appel à un expert doit être substantiellement motivée. Cette décision est communiquée au comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail ministériel.
    « En cas de désaccord sérieux et persistant entre le comité et l’autorité administrative sur le recours à l’expert agréé, la procédure prévue à l’article 5-5 peut être mise en œuvre.
    « Art. 56. ― Le comité est informé des visites et de toutes les observations de l’inspecteur santé et sécurité au travail.

    « Chapitre VI« Consultation des comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail

    « Section 1« Consultations
    « Art. 57. ― Le comité est consulté :
    « 1° Sur les projets d’aménagement importants modifiant les conditions de santé et de sécurité ou les conditions de travail et, notamment, avant toute transformation importante des postes de travail découlant de la modification de l’outillage, d’un changement de produit ou de l’organisation du travail, avant toute modification des cadences et des normes de productivité liées ou non à la rémunération du travail ;
    « 2° Sur les projets importants d’introduction de nouvelles technologies et lors de l’introduction de ces nouvelles technologies, lorsqu’elles sont susceptibles d’avoir des conséquences sur la santé et la sécurité des agents.

    « Art. 58. ― Le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail est consulté sur les mesures générales prises en vue de faciliter la mise, la remise ou le maintien au travail des accidentés du travail, des invalides de guerre, des invalides civils et des travailleurs handicapés, notamment sur l’aménagement des postes de travail.

    « Art. 59. ― Dans les services comportant une ou plusieurs installations soumises à autorisation au titre de l’article L. 512-1 du code de l’environnement ou soumises aux dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-3, des titres II à VII et du chapitre II du titre VIII du livre II du code minier, les documents établis à l’intention des autorités publiques chargées de la protection de l’environnement sont portés à la connaissance du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail par le responsable du service, conformément à l’article L. 4612-15 du code du travail et ses décrets d’application.

    « Art. 60. ― Le comité est consulté sur la teneur de tous documents se rattachant à sa mission, et notamment des règlements et des consignes que l’administration envisage d’adopter en matière de santé et de sécurité.
    « Ces documents sont également communiqués, pour avis, aux inspecteurs santé et sécurité au travail.
    « Le comité prend, en outre, connaissance des observations et suggestions relatives à la prévention des risques professionnels et à l’amélioration des conditions de travail consignées sur le registre de santé et de sécurité au travail prévu à l’article 3-2.

    Rapport et programme annuels

    « Art. 61. ― Chaque année, le président soumet pour avis au comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail :
    « 1° Un rapport annuel écrit faisant le bilan de la situation générale de la santé, de la sécurité et des conditions de travail du ou des services entrant dans le champ de compétence du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail et des actions menées au cours de l’année écoulée dans les domaines entrant dans le champ de compétence du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail par les articles du présent décret. Ce bilan est établi notamment sur les indications du bilan social prévu à l’article 34 du décret n° 2011-184 du 15 février 2011 susmentionné et fait état des indications contenues dans le registre prévu à l’article 5-8 ;
    « 2° Un programme annuel de prévention des risques professionnels et d’amélioration des conditions de travail établi à partir de l’analyse définie à l’article 51 et du rapport annuel. Il fixe la liste détaillée des réalisations ou actions à entreprendre au cours de l’année à venir. Il précise, pour chaque réalisation ou action, ses conditions d’exécution et l’estimation de son coût.

    « Art. 62. ― Le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail peut proposer un ordre de priorité et des mesures supplémentaires au programme annuel de prévention.
    « Lorsque certaines mesures prévues au programme de prévention n’ont pas été prises, les motifs en sont donnés en annexe au rapport annuel.

    « Art. 63. ― Le comité examine le rapport annuel établi par le médecin de prévention en application de l’article 28.

    « Chapitre VII « Fonctionnement des comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail

    « Art. 64. ― Les comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail ministériels sont présidés par le ministre auprès duquel ils sont institués.
    « Lorsqu’un comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail commun à plusieurs départements ministériels est créé en application du deuxième alinéa de l’article 31, il est présidé par le ministre ayant autorité sur le service qui gère le personnel des services regroupés au sein de ce comité. Dans les autres cas, l’arrêté de création désigne l’autorité chargée de le présider.

    « Les comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail de proximité ou les comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail d’autres niveaux sont présidés par l’autorité auprès de laquelle ils sont placés. Dans le cas de comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail relevant de plusieurs départements ministériels, l’arrêté de création désigne l’autorité chargée de le présider.
    « En cas d’empêchement, le président désigne son représentant parmi les représentants de l’administration exerçant auprès de lui des fonctions de responsabilité. Il en est fait mention au procès-verbal de la réunion.

    « Art. 65. ― I. ― Lorsqu’il apparaît souhaitable que des questions communes à plusieurs ministères soient examinées par la même instance, les comités ministériels concernés peuvent être réunis conjointement, autant de fois que de besoin, par décision des ministres intéressés. La même décision désigne le ou, le cas échéant, les ministres chargés de la présidence de la séance et le représentant de l’administration exerçant des fonctions de responsabilité habilité à assurer la présidence du comité en cas d’empêchement du ou des ministres.

    « II. ― Lorsqu’il apparaît souhaitable que des questions communes aux administrations centrales de différents départements ministériels soient examinées par la même instance, les comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail de proximité concernés peuvent être réunis conjointement, autant de fois que de besoin, par décision des secrétaires généraux ou directeurs des ressources humaines des administrations centrales intéressés.

    « III. ― Lorsqu’il apparaît souhaitable que des questions communes à plusieurs services déconcentrés de même niveau ou de niveaux différents relevant de différents départements ministériels soient examinées par la même instance, les comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail des services concernés peuvent être réunis conjointement, autant de fois que de besoin, par arrêté du préfet territorialement compétent ou, le cas échéant, par des ministres. Le même arrêté désigne l’autorité chargée de présider la séance, qui peut être soit le préfet territorialement compétent, soit un ou des chefs de service déconcentré concernés.

    « IV. ― Lorsqu’il apparaît souhaitable que des questions communes à tout ou partie des établissements publics soient examinées par la même instance, les comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail des établissements concernés peuvent être réunis conjointement, autant de fois que de besoin, par décision des directeurs ou des directeurs généraux intéressés. La même décision désigne le ou les directeurs d’établissement chargés de la présidence.

    « Art. 66. ― Le secrétaire du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail est désigné par les représentants du personnel en leur sein. Lors de la désignation du secrétaire, est également fixée la durée de son mandat. Le règlement intérieur détermine les modalités de la désignation.
    « Après chaque réunion, il est établi un procès verbal comprenant le compte rendu des débats et le détail des votes. Ce document est signé par le président et par le secrétaire, puis transmis dans le délai d’un mois aux membres du comité. Ce procès-verbal est soumis à l’approbation du comité lors de la séance suivante.

    « Art. 67. ― Les réunions des comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail peuvent, lorsque les circonstances le justifient et à titre exceptionnel, être organisées par visioconférence, sous réserve que le recours à cette technique permette d’assurer que, tout au long de la séance :
    « 1° N’assistent que les personnes habilitées à l’être dans le cadre du présent décret ;
    « 2° Chaque membre siégeant avec voix délibérative ait la possibilité de participer effectivement aux débats ;
    « 3° Le président soit en mesure d’exercer son pouvoir de police de la séance.
    « Art. 68. ― Chaque comité établit son règlement intérieur selon un règlement type établi après avis de la commission spécialisée du Conseil supérieur de la fonction publique de l’Etat.

    « Art. 69. ― A l’exception de ceux examinant exclusivement des questions communes, les comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail se réunissent au moins trois fois par an sur convocation de leur président, à son initiative ou dans le délai maximum de deux mois, sur demande écrite de la moitié des représentants titulaires du personnel sans que ce chiffre ne puisse excéder trois représentants.
    « En outre, le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail compétent pour le service ou l’agent concerné est réuni à la suite de tout accident ayant entraîné ou ayant pu entraîner des conséquences graves.

    « Art. 70. ― L’acte portant convocation du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail fixe l’ordre du jour de la séance. Le secrétaire du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail est consulté préalablement à la définition de l’ordre du jour et peut proposer l’inscription de points à l’ordre du jour.
    « Les questions entrant dans le champ de compétence du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail dont l’examen a été demandé par les représentants titulaires du personnel dans les conditions prévues à l’article 69 sont inscrites à l’ordre du jour.
    « Les suppléants peuvent assister aux séances du comité sans pouvoir prendre part aux débats.
    « Le président du comité, à son initiative ou à la demande de représentants titulaires du comité, peut convoquer des experts afin qu’ils soient entendus sur un point inscrit à l’ordre du jour.
    « Les comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail peuvent en outre faire appel, à titre consultatif, au concours de toute personne qui lui paraîtrait qualifiée.
    « Les experts et les personnes qualifiées n’ont pas voix délibérative. Ils ne peuvent assister qu’à la partie des débats relative aux questions de l’ordre du jour pour lesquelles leur présence a été demandée.

    « Art. 71. ― Les comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail ne délibèrent valablement qu’à la condition d’observer les règles de constitution et de fonctionnement définies par la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 et par la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ainsi que par le présent décret et par le règlement intérieur.
    « En outre, la moitié au moins des représentants du personnel doit être présente lors de l’ouverture de la réunion.
    « Lorsque ce quorum n’est pas atteint, une nouvelle convocation est envoyée dans le délai de huit jours aux membres du comité, qui siège alors valablement sur le même ordre du jour quel que soit le nombre de représentants du personnel présents.
    « Lorsque les comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail siègent en formation conjointe, les conditions de quorum s’apprécient sur la formation conjointe et non sur chaque comité la composant.

    « Art. 72. ― Seuls les représentants du personnel titulaires participent au vote. Les suppléants n’ont voix délibérative qu’en l’absence des titulaires qu’ils remplacent.
    « Les représentants de l’administration, le médecin de prévention, l’assistant ou le conseiller de prévention et l’inspecteur santé et sécurité au travail ainsi que les experts ne participent pas au vote.
    « Les comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail émettent leur avis à la majorité des présents. Le vote a lieu à main levée. Les abstentions sont admises. En cas de partage égal des voix, l’avis est réputé avoir été donné ou la proposition formulée.
    « Lorsque les comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail sont réunis conjointement, les conditions de vote s’apprécient sur la formation conjointe et non sur chaque comité la composant.

    « Art. 73. ― Les séances des comités ne sont pas publiques.
    « Les personnes participant, à quelque titre que ce soit, aux travaux du comité d’hygiène, de sécurité et des condition de travail sont tenues à l’obligation de discrétion professionnelle à raison des pièces et documents dont ils ont eu connaissance à l’occasion de ces travaux.

    « Art. 74. ― Toutes facilités doivent être données aux membres du comité pour exercer leurs fonctions. En outre, communication doit leur être donnée de toutes pièces et documents nécessaires à l’accomplissement de leurs fonctions au plus tard quinze jours avant la date de la séance.

    « Art. 75. ― Une autorisation d’absence est accordée aux représentants du personnel faisant partie de la délégation du comité réalisant les enquêtes ou les visites prévues aux articles 5-7,52 et 53 et, dans toute situation d’urgence, pour le temps passé à la recherche de mesures préventives, notamment pour l’application des articles 5-5 à 5-7.

    « Art. 76. ― Les membres titulaires et suppléants des comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail, les experts et les personnes qualifiées convoqués ne perçoivent aucune indemnité du fait de leurs fonctions dans ces comités. Les membres convoqués pour assister avec voix délibérative aux travaux des comités ainsi que les experts et les personnes qualifiées sont indemnisés de leurs frais de déplacement et de séjour dans les conditions fixées par le décret n° 2006-781 du 3 juillet 2006 fixant les conditions et les modalités de règlement des frais occasionnés par les déplacements temporaires des personnels civils de l’Etat.

    « Art. 77. ― Les projets élaborés et les avis sont transmis aux autorités compétentes ; ils sont portés, par l’administration et par tout moyen approprié, à la connaissance des agents en fonctions dans les administrations, services ou établissements intéressés, dans un délai d’un mois.
    « Le président du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail doit, dans un délai de deux mois, informer par une communication écrite les membres du comité des suites données aux propositions et avis émis par le comité.

    « Art. 78. ― Dans l’intérêt du service, la durée du mandat des représentants des personnels d’un comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail peut être réduite ou prorogée, par arrêté conjoint du ministre chargé de la fonction publique et du ministre intéressé. Cette réduction ou prorogation ne peut excéder une durée de dix-huit mois.
    « En cas de difficulté dans son fonctionnement, un comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail peut être dissous dans la forme prévue pour sa constitution :
    « 1° Après avis du Conseil supérieur de la fonction publique de l’Etat lorsqu’il s’agit d’un comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail ministériel, d’un comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail de proximité d’autorité administrative indépendante non dotée de la personnalité morale ou d’un comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail de proximité d’établissement public de l’Etat ;
    « 2° Après avis du comité technique des directions départementales interministérielles institué auprès du Premier ministre lorsqu’il s’agit d’un comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail d’une direction départementale interministérielle ;
    « 3° Après avis du comité technique ministériel intéressé lorsqu’il s’agit d’un comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail instauré au sein du département ministériel ;
    « 4° Après avis du comité technique de proximité d’établissement public de l’Etat lorsqu’il s’agit d’un comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail spécial de cet établissement.
    « Il est alors procédé, dans le délai de deux mois, à la mise en place, dans les conditions fixées par le présent décret, d’un nouveau comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail.

    « Art. 79. ― Un décret fixe les dispositions spéciales applicables aux services du ministère de la défense. »

    Article 29

    L’article 64 du même décret devient l’article 80.

    Chapitre V : Dispositions transitoires, diverses et finales

    Article 30

    Dans toutes les dispositions réglementaires comportant les mots : « comité d’hygiène et de sécurité » et : « comités d’hygiène et de sécurité », ces mots sont remplacés respectivement par les mots : « comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail » et : « comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail ».

    Article 31

    Dans toutes les dispositions du décret du 28 mai 1982 susvisé, les mots d’une part : « agents mentionnés aux articles 5 et 5-1 » ou : « agents chargés d’assurer une fonction d’inspection en matière d’hygiène et de sécurité, mentionnés aux articles 5 et 5-1 ci-dessus », ou : « fonctionnaires et agents mentionnés aux articles 5 et 5-1 » et d’autre part : « agent mentionné aux articles 5 et 5-1 » ou : « agent mentionné aux articles 5 ou 5-1 ci-dessus » ou : « agent mentionné aux articles 5 ou 5-1 du présent décret » sont remplacés respectivement par les mots : « inspecteurs santé et sécurité au travail » et par les mots : « inspecteur santé et sécurité au travail ».

    Article 32

    I. ― Les dispositions de l’article 28 du présent décret s’appliquent à compter du prochain renouvellement des comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail intervenant en 2011.
    II. ― Les comités d’hygiène et de sécurité, créés en 2010 ou dont le mandat a été établi sur la base du résultat des élections organisées en 2010 pour la composition des commissions administratives paritaires ou des comités techniques paritaires, demeurent régis par les dispositions du titre IV du décret du 28 mai 1982 relatif à l’hygiène, la sécurité et la prévention médicale dans sa rédaction antérieure au présent décret jusqu’au terme de leur mandat.
    Toutefois, le premier, le quatrième, le cinquième et le sixième alinéa de l’article 39, le troisième alinéa de l’article 41, les articles 47 et 48 et les articles 50 à 78 du décret du 28 mai 1982 susvisé dans leur rédaction issue du présent décret sont applicables à ces mêmes comités à compter du 1er novembre 2011.

    Article 33

    Le ministre de la défense et des anciens combattants, le ministre du travail, de l’emploi et de la santé et le ministre du budget, des comptes publics, de la fonction publique et de la réforme de l’Etat, porte-parole du Gouvernement, sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la République française.

Fait le 28 juin 2011.